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Breaking News 2 mars 2026

Rédigé par Daniel Steck, Analyste-gérant de fonds | 2 mars 2026 16:28:15
Energie : les marchés intègrent un scénario de fermeture temporaire du détroit d’Ormuz

La dégradation de la situation en Iran a fait bondir le prix du pétrole: +8% en début de semaine, portant la hausse totale à près de 35% depuis les plus bas de décembre. À ce stade, les prix du brut intègrent désormais une prime de risque estimée à environ 20% par rapport aux fondamentaux. Les marchés considèrent même comme plausible un scénario de fermeture temporaire, inférieure à un mois, du détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un baril sur cinq au niveau mondial. Les tensions ne se limitent pas au pétrole. Le marché du gaz naturel liquéfié (LNG) a réagi avec une vigueur encore plus marquée: les prix de référence européens et asiatiques ont bondi de plus de 40%. Ces régions dépendent fortement du gaz en provenance du Qatar, dont les exportations sont aussi à risque.

À partir d’ici, deux scénarios dominent. Le premier, que nous privilégions, est celui d’un retour progressif à la normale. Si les tensions se résorbent dans les prochains jours ou semaines, la prime de risque intégrée dans les prix de l’énergie devrait s’effacer peu à peu, ramenant le pétrole et le gaz vers des niveaux reflétant davantage l’équilibre entre offre et demande. Le second scénario serait celui d’un conflit qui s’inscrit dans la durée. Dans ce cas, des dommages plus sérieux aux infrastructures pétrolières et gazières de la région pourraient entraîner une envolée durable et potentiellement beaucoup plus marquée des prix, avec un impact mondial significatif, ce que nous excluons aujourd’hui.

Tensions géopolitiques et volatilité temporaire sur les marchés  

Ce weekend, le contexte géopolitique s’est drastiquement détérioré, à la suite de l’attaque conjointe des Etats-Unis et d’Israël sur plusieurs villes d’Iran. L’escalade qui a suivi, notamment les répliques de la République Islamique contre Israël et de nombreux autres pays du Golfe, pose de sérieuses questions sur l’impact de l’embrasement actuel sur l’économie et les bourses mondiales. 
Pourtant ce matin, les bourse asiatiques et européennes débutaient la semaine sur une baisse relativement modérée au vu des événements du weekend. Les investisseurs font-ils preuve de complaisance en ignorant les risques sur la croissance mondiale ?

Si l’on se base sur les conséquences économiques des tensions géopolitiques de ces dernières décennies, il nous semble également que le calme s’impose à l’heure actuelle. Historiquement, ce type d’évènements exogènes ne perturbent que de manière très temporaire les marchés financiers et un retour à la normale est observé rapidement, en quelques jours ou semaines.

C’est le scénario que nous adoptons aujourd’hui. Une hausse de la volatilité passagère est bien sûr justifiée au vu du climat d’incertitudes que nous connaissons. De même, la forte hausse des prix de l’énergie est compréhensible, mais ne posera pas de problème tant que les prix du pétrole ne flambent pas bien au-dessus des niveaux actuels et de façon prolongée.

Car c’est bien la durée de la crise actuelle qui déterminera ses conséquences sur les marchés financiers.

Une résolution rapide du conflit, en quelques semaines, ne laissera sans doute aucune séquelle pour la conjoncture américaine ou européenne dans un contexte où les fondamentaux économiques demeurent extrêmement robustes. Sans enlisement du conflit, le risque d’une récession économique pour les économies développées est nul.

Si l’on se projette à plus long terme, les conséquences d’un probable renversement du régime iranien seront même positives pour les marchés financiers. La disparition de l’élément le plus perturbateur du Moyen-Orient pourrait conduire à une baisse sensible du risque géopolitique dans la région et à une normalisation des prix du pétrole, deux éléments qui ne manqueront pas d’être salués par les bourses.

Nous recommandons par conséquent de regarder au-delà des perturbations actuelles et de se concentrer sur les fondamentaux économiques des principales économies mondiales, qui plaident toujours pour une surpondération des actifs risqués.

Notre positionnement actuel, qui fait la part belle aux actions suisses, au franc suisse et à l’or, apparait comme particulièrement adapté à l’environnement actuel et nous ne recommandons pas de changement notable dans ce positionnement, même si des prises de profits ponctuelles peuvent être considérées à court terme. 

Chiffre de la semaine : 0.91

Profitant des incertitudes, le franc suisse continue de se renforcer, passant sous le niveau de 0.91 contre l’euro.