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Marchés 2026 : Europe, reprise économique et risques persistants

Rédigé par Christina Carlsten, Analyste-gérante de fonds | 19 oct. 2026, 14:40:20
L’intelligence artificielle à l’épreuve des marchés.

Les valeurs technologiques ont fortement reculé la semaine dernière. Dans un contexte de taux d’intérêt élevés, les investisseurs s’interrogent désormais davantage sur le coût des investissements massifs consacrés à l’IA et sur leur capacité à générer des bénéfices. Les difficultés boursières de certains acteurs très endettés des infrastructures d’IA, ont renforcé ces inquiétudes.

Pour autant, les fondamentaux du secteur semblent solides. De nombreuses études indiquent que les entreprises continuent d’accélérer leur adoption de l’IA afin d’améliorer leur productivité. De même, les premières publications du secteur technologique confirment une demande soutenue, avec une visibilité qui s’étend parfois jusqu’en 2030 pour les équipements nécessaires à la production de puces.

Le développement de l’IA se poursuit donc, mais le marché devient plus exigeant quant à sa rentabilité. La prochaine étape sera la publication des résultats des géants technologiques américains : les investisseurs chercheront surtout à savoir si l’adoption de l’IA commence à se traduire par des bénéfices tangibles.

Europe : amélioration des fondamentaux, risques exogènes persistants

L’économie européenne se révèle plus vigoureuse qu’attendu. Malgré les tensions géopolitiques, les indicateurs avancés se sont améliorés durant l’été et dépassent à présent les niveaux relevés en début d’année. De son côté, le crédit continue d’afficher une croissance solide malgré la hausse des taux. Cette dynamique a pour principal moteur le redressement industriel, soutenu par les investissements dans la défense, les infrastructures et, progressivement, l’intelligence artificielle. Longtemps à la traîne, l’Allemagne montre des signes de reprise, tandis que l’Europe du Sud conserve une bonne tenue.

Le tableau reste cependant nuancé : la consommation fait encore office de maillon faible, sur fond d’érosion du pouvoir d’achat induite par l’inflation, tandis que la hausse des taux d’intérêt pourrait freiner l’immobilier résidentiel. En France, dans l’attente de l’élection présidentielle de 2027, la détérioration des finances publiques et la persistance des incertitudes sociales, économiques et politiques continuent d’alimenter les inquiétudes. Celles-ci se reflètent déjà en partie dans l’écart de taux avec l’Allemagne et ne favorisent ni une appréciation durable de l’euro ni  une détente significative des rendements obligataires français.

Le Royaume-Uni apparaît particulièrement vulnérable, avec des rendements proches de leurs plus hauts depuis 20 ans. La hausse des taux se transmet rapidement aux ménages via les emprunts hypothécaires, pesant ainsi sur le 
pouvoir d’achat et la consommation. Elle accentue en outre la pression sur des finances publiques déjà fragiles et freine une croissance en manque 
de ressort.

En dépit de ces vents contraires et de quelques prises de bénéfices récentes, les bourses européennes affichent toujours une solide performance depuis le début de l’année, soutenues notamment par la première accélération des bénéfices en trois ans.

L’Europe offre également une source de diversification : ses indices sont moins concentrés sur quelques géants technologiques et le positionnement des investisseurs reste modéré. Plusieurs risques subsistent toutefois, comme la hausse des rendements obligataires, le cycle électoral de 2027, les tensions sur 
l’approvisionnement énergétique ou encore un contexte social, notamment en France, susceptible d’alimenter la volatilité des marchés. Une approche plus sélective nous paraît dès lors justifiée. Nous optons notamment pour une prudence accrue à l’égard du marché britannique, sa forte sensibilité aux taux d’intérêt et la dégradation de ses finances publiques nous conduisant à réduire notre exposition.

Chiffre de la semaine : 5.08 %

Les taux américains à 10 ans se sont nettement détendus cette semaine, s’éloignant de leur récent point haut de 5,36%, malgré la publication d’une 
inflation supérieure aux attentes en septembre (+3,7 % sur un an). Cette réaction 
pourrait indiquer que l’essentiel de la correction obligataire est désormais derrière nous.