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Marchés 2026 : le retour des obligations américaines

Rédigé par Daniel Varela, Chief Investment Officer | 5 oct. 2026, 13:35:59
Pétrole : un marché suspendu aux décisions 
politiques.

Le marché de l’énergie évolue aujourd’hui dans un équilibre particulièrement fragile. D’un côté, les fondamentaux restent tendus, avec des incertitudes persistantes sur la production au Moyen-Orient et des capacités de raffinage limitées. De l’autre, un apaisement des tensions géopolitiques, notamment en Iran, pourrait rapidement améliorer les perspectives d’approvisionnement et réduire les tensions.

Les dernières données suggèrent par ailleurs une accélération des exportations en provenance du Moyen-Orient. Grâce à d’importants efforts logistiques et sécuritaires, les flux semblent revenir progressivement vers les niveaux observés avant le conflit. Cette évolution est encourageante, mais sa pérennité reste difficile à évaluer.

À ce stade, nous ne disposons pas de conviction forte quant à l’issue du conflit ni au calendrier de sa résolution. Les incertitudes géopolitiques demeurent élevées et une solution politique durable serait bienvenue.  Les prix actuels intègrent encore une prime de risque significative. En cas d’apaisement durable, une détente des cours serait envisageable, même si la demande devrait rester soutenue afin de reconstituer les stocks qui ont été largement sollicités ces derniers mois.

Les obligations retrouvent de l’attrait, aux dépens des actions ?

La résistance de l’économie mondiale reste remarquable malgré l’intensification des tensions géopolitiques. Aux États-Unis, l’activité conserve notamment une dynamique solide, portée par les investissements massifs des entreprises dans les infrastructures numériques, les centres de données et l’intelligence artificielle.  Ces dépenses constituent aujourd’hui un soutien important à la croissance et pourraient, à plus long terme, favoriser une accélération des gains de productivité.

Cette bonne tenue de la conjoncture s’accompagne toutefois d’un changement de régime sur les marchés obligataires. Le choc énergétique lié au blocage du détroit d’Ormuz et au renchérissement des produits raffinés entretient les pressions  inflationnistes. Les grandes banques centrales ont ainsi adopté une attitude plus restrictive afin d’éviter une nouvelle dérive des prix et de préserver leur crédibilité. Cette évolution se traduit par une remontée généralisée des rendements obligataires, qui atteignent dans plusieurs pays des niveaux 
inédits depuis plus de vingt ans.

Les États-Unis illustrent particulièrement bien ce phénomène : le rendement du bon du Trésor à 10 ans dépasse désormais 5 %. À ces niveaux, les obligations 
américaines offrent à nouveau une rémunération suffisamment attractive pour concurrencer les actifs risqués, tout en apportant une meilleure protection en cas de ralentissement économique. Nous profitons donc de cette remontée des taux pour renforcer leur poids dans les portefeuilles.

À l’inverse, la hausse des taux longs constitue désormais un facteur de vigilance pour les marchés actions. Après leur forte progression, plusieurs grands indices évoluent à proximité de leurs records historiques, alors même que le coût du capital augmente et que les obligations redeviennent une alternative crédible. Le potentiel de hausse des actions nous paraît ainsi moins favorable au regard des risques encourus.

Nous adoptons en conséquence une position plus prudente sur les actifs risqués. Pour un profil balancé en francs suisses, nous réduisons de 3 % l’allocation aux actions. Les marchés américain et britannique sont allégés en priorité, compte tenu de leur sensibilité aux taux d’intérêt, tandis que les actions suisses sont ramenées vers une pondération plus proche de leur niveau stratégique. Le produit de ces arbitrages est principalement réinvesti dans les obligations américaines, dont les rendements actuels améliorent sensiblement le couple rendement-risque des portefeuilles.

Chiffre de la semaine : 4.90 %

La progression des rendements français à 10 ans a été particulièrement marquée
depuis début septembre, pour atteindre leur plus haut niveau depuis 2002. Dans un contexte de dérapage budgétaire et à l’approche de l’élection présidentielle au printemps prochain, cette tendance pourrait rester orientée à la hausse.