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Marchés 2026 : taux longs, inflation et exception suisse

Rédigé par Daniel Varela, Chief Investment Officer | 7 sept. 2026, 14:52:40
Le doute plane avant la réunion de la Fed.

Les données macroéconomiques américaines continuent de  surprendre les investisseurs. La semaine passée, l’indicateur de l’activité de services aux Etats-Unis a fait un nouveau plus haut, soulignant une fois encore la vigueur de la conjoncture américaine. Même son de cloche du coté du marché de l’emploi, alors que les créations de postes pour le mois d’août atteignent la barre des 160'000 et dépassent largement les attentes des économistes. Dans ce contexte, un tour de vis de la politique monétaire serait largement justifié, d’autant plus que l’inflation demeure sensiblement supérieure aux objectifs de la Réserve fédérale.

La publication cette semaine de l’indice des prix à la consommation sera donc logiquement scrutée par les investisseurs. Tout signe d’un rebond des prix renforcerait les anticipations de hausse de taux lors de la prochaine réunion de la Fed le 17 septembre. Pourtant, à ce stade, le marché semble indécis et n’accorde qu’une probabilité de 60 % au scénario d’un resserrement de la politique monétaire à cette échéance. Le changement dans le style de communication imposé par Kevin Warsh semble perturber les investisseurs et a instauré le doute 
dans leur esprit. La prochaine réunion de la Fed sera à nouveau un test pour le nouveau Chairman de la Réserve fédérale.

Les taux longs poursuivent leur ascension, la Suisse résiste

La remontée des taux longs s’est poursuivie ces dernières semaines sur la plupart des marchés développés, avec une hausse particulièrement marquée en Europe. Les investisseurs restent préoccupés par les perspectives d’inflation, alors que 
la fermeture du détroit d’Ormuz entretient les tensions sur les prix de l’énergie. À cette pression s’ajoutent des besoins de financement souverains 
toujours élevés, auxquels vient désormais s’ajouter l’ampleur des émissions obligataires des entreprises pour financer leurs investissements, notamment 
dans l’intelligence artificielle.

En Europe, la hausse des rendements est particulièrement prononcée. L’Allemagne n’échappe pas au mouvement, mais c’est surtout la France qui 
concentre les inquiétudes. Le rendement de l’OAT à 10 ans a dépassé 4,2 %, tandis que l’écart avec le Bund s’est creusé. Cette évolution traduit une hausse 
de la prime de risque budgétaire, dans un contexte où les négociations autour du budget 2027 s’annoncent particulièrement difficiles. Avec un déficit et une dette élevée, la France dispose de marges de manœuvre limitées pour réduire ses 
besoins de financement. La remontée des taux complique d’autant plus l’équation qu’elle accroît progressivement la charge de la dette et réduit les 
marges budgétaires disponibles.

La Suisse fait figure d’exception. Les rendements longs y restent remarquablement stables malgré la forte remontée observée ailleurs, confirmant l’attrait du marché helvétique et la crédibilité de ses fondamentaux budgétaires.
Le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole, qui avait temporairement rassuré les marchés en restaurant la crédibilité anti-inflationniste de la Fed, n’aura donc 
offert qu’un répit de courte durée. La crédibilité des banques centrales sera rapidement à nouveau mise à l’épreuve : plusieurs grandes banques centrales 
doivent en effet se réunir et préciser leur orientation monétaire d’ici à la fin septembre. Leur capacité à maintenir les anticipations d’inflation sous contrôle 
sera déterminante pour l’évolution des taux longs.

Nous conservons néanmoins notre scénario d’une accalmie progressive sur les taux longs. Aux États-Unis, le seuil de 5 % sur l’obligation du Trésor à 10 ans constitue à nos yeux un support technique et psychologique important. Dans cette perspective, les épisodes de faiblesse du marché constituent à nos yeux des opportunités pour renforcer progressivement l’exposition aux obligations de qualité, en privilégiant des maturités suffisamment longues pour bénéficier d’une future détente des rendements.

Chiffre de la semaine : 0.8 % 

L’inflation en Suisse accélère de manière significative au mois d’août et atteint un rythme annualisé de 0.8 %. Ce chiffre dépasse largement les estimations de 0.5 %, en raison notamment d’une flambée des prix de l’énergie qui impacte l’essence, le diesel et le mazout. L’évolution des prix à la consommation demeure néanmoins bien plus contenue que chez nos voisins européens.