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Marchés financiers : élections américaines et franc suisse

Rédigé par Daniel Steck, Analyste-gérant de fonds | 2 nov. 2026, 15:42:13
Franc suisse : le vent tourne-t-il déjà ?

Le franc suisse reprend des couleurs depuis début octobre. Ces derniers mois, sa faiblesse s’expliquait avant tout par une BNS restée à l’écart du resserrement monétaire mondial. Le creusement des écarts de taux avait même progressivement transformé le franc en monnaie de financement pour les stratégies de carry trade. Cette configuration pourrait toutefois être en train de changer. Si l’inflation continue de se redresser en Suisse, la BNS disposera de moins en moins de latitude pour maintenir une politique monétaire inchangée alors que les autres grandes banques centrales relèvent leurs taux. L’hypothèse d’une hausse dès décembre pourrait ainsi progressivement gagner en crédibilité. À cela s’ajoute le retour des incertitudes politiques en Europe. En France notamment, les difficultés entourant l’adoption du budget 2027 et les inquiétudes sur les finances publiques ont ravivé la nervosité des investisseurs. Un environnement susceptible de redonner au franc son attrait traditionnel de valeur refuge. Après la forte dépréciation des derniers mois, son rebond récent pose donc une question : la fenêtre de faiblesse du franc ne serait-elle pas déjà en train de se refermer ?

Elections de mi-mandat aux Etats-Unis, un pivot pour les marchés ?

L’actualité restera particulièrement chargée cette semaine pour les marchés, américains en particulier. En effet, demain auront lieu les élections de mi-mandat qui redéfiniront les majorités au pouvoir au Congrès. Cette élection intervient dans un contexte de marché tendu, alors que plus de 130 sociétés américaines doivent publier leurs résultats cette semaine.

L’issue de cette élection semble déjà certaine en ce qui concerne la Chambre des représentants, la Chambre basse du congrès. Une large majorité démocrate devrait logiquement l’emporter. La réelle incertitude concerne le Sénat. Il y a encore quelques semaines, les chances de voir un basculement du pouvoir du coté Démocrate semblait mince. Cependant, cette probabilité a évolué favorablement, de manière totalement corrélée au prix de l’essence dans le pays. Le pouvoir d’achat reste au centre des préoccupations des Américains et la hausse des prix à la pompe vient pénaliser directement le taux d’approbation de Donald Trump, au plus bas depuis son élection.

Qu’implique donc cette élection pour les bourses ? Notons en premier lieu qu’historiquement, cette échéance a marqué un tournant favorable pour les indices actions. Les incertitudes précédant l’élection levées, les marchés ont toujours bénéficié d’un soulagement chez les investisseurs et se sont repris significativement dans les semaines qui suivaient. Depuis 1982, l’indice S&P 500 s’appréciait de 15% en moyenne durant les six mois qui suivaient l’élection. Ce scénario est-il envisageable cette année ?

Avec Donald Trump aux commandes, rien n’est moins sûr ! Le Président américain menace de contester les résultats en cas de défaite et s’est engagé à devenir « Mister Veto » pour bloquer toute nouvelle réglementation des Démocrates.

Ces premières mesures Démocrates pourraient en outre inquiéter les investisseurs, surtout si elles concernent un cadre plus restrictif appliqué aux technologies liés à l’Intelligence Artificielle et à la construction tous azimuts de centres de données dans le pays. De plus, le problème du pouvoir d’achat des ménages ne disparaitra pas par magie, quelque soit la majorité en place, surtout si Donald Trump relance, comme il l’a laissé entendre, les frappes sur l’Iran après l’élection.

Nous recommandons donc la patience aux investisseurs qui seraient tentés de profiter de la correction récente pour augmenter leur exposition aux actions américaines. Les prochains jours et semaines pourraient continuer à être volatils… avant un retour au calme et un éventuel rallye de fin d’année ?

Chiffre de  la semaine : -0.1 %

L’économie française s’est contractée de manière inattendue au troisième trimestre, laissant le pays aux portes d’une récession technique. L’activité reste sous pression face à la hausse des coûts de financement, aux tensions sociales et à une incertitude politique et budgétaire persistante.