Après trois semaines de progression soutenue, les marchés actions ont marqué une phase de consolidation au cours de la semaine écoulée, particulièrement sur les places européennes. Ce mouvement contraste avec la résilience observée à Wall Street ainsi que sur les principales bourses asiatiques, qui prolongent leur dynamique haussière. Cette divergence s’explique en grande partie par la bonne tenue des valeurs technologiques dont les publications de résultats trimestriels restent globalement supérieures aux attentes des analystes.
Pour autant, l’environnement géopolitique demeure une source d’incertitude majeure. Les négociations diplomatiques au Moyen-Orient peinent à progresser, tandis que le détroit d'Ormuz reste fermé au trafic maritime, alimentant les tensions sur les marchés de l’énergie.
Dans ce contexte, malgré des fondamentaux d’entreprise solides, la prudence s’impose à court terme, les investisseurs restant attentifs à toute évolution susceptible d’influencer la trajectoire des marchés.
Depuis plusieurs semaines, le marché pétrolier évolue dans une situation pour le moins paradoxale. Le détroit d’Hormuz, un point de passage clé pour le commerce mondial de pétrole, reste en grande partie fermé, sans être totalement bloqué. Régulièrement, une possible réouverture est évoquée, mais sans avancée concrète. Le conflit ne semble ni proche d’une résolution, ni sur le point de s’intensifier fortement. Cette incertitude persistante explique en partie la récente remontée des prix du pétrole.
Sur le plan fondamental, la lecture du marché reste complexe. Les flux de pétrole transitant par le détroit ont chuté de manière significative, mais la baisse des stocks observés est nettement plus limitée. Cet écart s’explique par plusieurs ajustements. Les exportations ont trouvé de nouvelles routes, notamment via une hausse attendue des livraisons américaines. Certains pays, en particulier la Chine, ont également puisé dans leurs stocks sur lesquels nous n’avons pas de transparence. Enfin, la demande s’est elle-même adaptée à ce nouveau contexte. Résultat : malgré les tensions, l’équilibre du marché a jusqu’ici été préservé, et les craintes de pénuries immédiates se sont éloignées.
Cette situation demeure toutefois fragile. Chaque semaine de statu quo pèse un peu plus sur les niveaux de stocks. À l’inverse, une annonce de paix changerait rapidement la perception des investisseurs, en ouvrant la voie à une normalisation progressive du marché. À ce stade, nous pensons qu’une issue finira par émerger, ce qui devrait réduire la prime de risque intégrée dans les prix. Néanmoins, le baril devrait rester durablement plus cher qu’avant la crise, notamment en raison des besoins de reconstitution des stocks dans les mois à venir.
Dans ce contexte incertain, les acteurs économiques cherchent à limiter leur dépendance aux chocs géopolitiques. Cette dynamique profite aux énergies renouvelables, dont la demande structurelle continue de progresser, malgré certaines résistances politiques, notamment aux États-Unis. Le nucléaire pourrait également en sortir renforcé. Bien qu’il ne représente encore qu’une part modeste du mix énergétique mondial, il offre une production stable et faiblement émettrice de carbone. Les avancées technologiques en cours pourraient en outre réduire les coûts et les délais de construction, améliorant son attractivité à moyen et long terme.
L’indice SOX, qui regroupe les plus grosses valeurs technologiques actives sur le secteur des semiconducteurs, a clôturé la semaine sur un plus haut historique, après dix-huit séances de hausses consécutives, signe d’un regain d’enthousiasme pour la thématique de l’Intelligence Artificielle.