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Marchés 2026 : inflation US, Suisse et géopolitique

Rédigé par Daniel Steck, Analyste-gérant de fonds | 13 avr. 2026 14:42:53
La difficile recherche d’un accord soutient les marchés

Les récentes évolutions au Moyen-Orient, notamment le cessez-le-feu militaire puis la décision des États-Unis de bloquer le détroit d’Ormuz afin d’exercer une pression sur l’Iran, continuent d’entretenir les tensions. Toutefois, l’élément déterminant réside désormais dans la reprise du dialogue entre les parties, qui semble ouvrir la voie à un accord, même partiel, visant à contenir voire cesser durablement les hostilités.

La recherche d’une issue à ce conflit s’annonce longue et pavées d’incertitudes, mais cette dynamique améliore sensiblement la visibilité à court terme et renforce le scénario d’une désescalade graduelle. Dans ce contexte, le maintien d’un positionnement défensif et en particulier d’une sous-pondération des actions apparaît moins justifié. Nous avons d’ailleurs procédé récemment à une réaugmentation de l’exposition aux actions .

Ce changement d’allocation dans les portefeuilles reflète une normalisation progressive des marchés, tout en conservant une vigilance accrue face à un environnement encore incertain.

Suisse : un biais défensif impuissant face à la correction de la cote helvétique 

L’année 2026 a démarré sous de bons auspices pour la cote helvétique, soutenue par une amélioration progressive de la conjoncture. Le climat du marché s’est sensiblement détendu après l’abandon des tarifs douaniers de 39 % appliqués aux produits suisses destinés au marché américain. Et pour cause, la décision annoncée par Washington a offert un important soulagement aux entreprises exportatrices, entraînant dans son sillage une expansion notable des multiples de valorisation. Profitant d’une évaluation plus conforme à leurs fondamentaux, les actifs risqués helvétiques ont ainsi connu un rattrapage appréciable en ce début d’année.

La guerre en Iran, dont l’impact dépasse largement le cadre géopolitique régional, jette à présent un voile sur ce tableau favorable. La fragilité de la croissance helvétique pourrait s’accentuer en cas d’enlisement du conflit. La flambée des prix du pétrole ravive en effet les craintes d’un regain d’inflation, risque susceptible de peser sur la consommation comme sur l’activité industrielle au cours des prochains mois.

Autre facteur à garder dans le viseur : la progression persistante du franc. Après une période plus stable, il s’est à nouveau raffermi, notamment contre l’euro, au risque d’éroder la compétitivité des entreprises exportatrices, pilier essentiel de l’économie.

Malgré ces vents contraires, potentiellement passagers, les perspectives sur le plan microéconomique restent globalement constructives. Les attentes bénéficiaires n’ont pas connu d’importantes révisions à la hausse depuis l’abandon des barrières douanières américaines, ce qui laisse une marge appréciable pour d’éventuelles surprises positives lors des prochaines publications de résultats.

Dans cet environnement très incertain, nous continuons de surpondérer les petites et moyennes capitalisations. Riche en entreprises à vocation essentiellement domestique, ce segment demeure relativement épargné par les fluctuations du franc et les tensions internationales. En clair, sa forte exposition au marché intérieur constitue un atout pour traverser un environnement mondial plus complexe.

Chiffre de la semaine : 3,3 %

L’indice des prix à la consommation a fortement rebondi aux Etats-Unis au mois de mars, avec une inflation totale de 3,3 % en rythme annualisé. Si ce rebond était attendu, en raison d’une hausse significative du prix de l’énergie, l’inflation sous-jacente reste elle contenue, à 2,6 %, ce qui a rassuré les investisseurs.