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Marchés 2026 : l’IA propulse Wall Street, prudence sur les semiconducteurs

Rédigé par Daniel Steck, Analyste-gérant de fonds | 1 juin 2026 12:58:09
Japon : une inflation en trompe-l’oeil

L’inflation sous-jacente japonaise d’avril est ressortie à 1,4 % sur un an, au plus bas depuis quatre ans et en deçà des attentes du marché (1,7 %). Un chiffre toutefois en trompe-l’œil, les subventions gouvernementales sur les carburants ayant artificiellement comprimé les prix.

D’autres indicateurs témoignent en effet d’une pression inflationniste bien réelle : les négociations salariales nationales du printemps ont abouti à des hausses de plus de 5 % tandis que les prix de l’immobilier à Tokyo ont progressé de près de 16 % sur un an.

Ce repli ne devrait donc pas entraver la politique restrictive de la BoJ, qui a d’ailleurs relevé sa prévision d’inflation à 2,8 % pour 2026, contre 1,9 % auparavant. Les marchés anticipent une hausse des taux de 25 points de base le 16 juin, ce qui porterait le taux directeur à 1 %.

Attention à l’excès d’optimisme sur certains segments du marché américain

Les bourses américaines n’en finissent pas de franchir de nouveaux records. Rien qu’au mois de mai, l’indice S&P 500 a clôturé onze fois à un plus haut historique, ce qui témoigne d’une dynamique exceptionnelle sur les actions US. Et ce, dans un contexte géopolitique qui reste tendu et qui aurait pu faire craindre une volatilité bien plus élevée qu’elle ne l’est à l’heure actuelle.

Cette envolée des cours est en grande partie justifiée par des fondamentaux solides, qui ont été confirmés par les dernières publications de résultats des entreprises. Pour le premier trimestre 2026, la croissance bénéficiaire des 500 plus grandes valeurs américaines a été de 27 %, un chiffre qui dépasse largement les prévisions des analystes. Pour les trois prochains trimestres la progression des résultats devrait également avoisiner la barre des 20 %, un chiffre continuellement revu à la hausse.

Conséquence de cette explosion de la croissance, les actions américaines sont aujourd’hui bien meilleur marché qu’elle ne l’étaient avant le début de la guerre au Moyen Orient, début mars. Si le S&P 500 a clôturé le mois de mai 10 % plus haut qu’à fin février, le ratio cours/bénéfice (PE) de l’indice, qui mesure sa cherté, s’établit à 21x contre près de 22x il y a trois mois.

Pourquoi donc s’inquiéter dans un environnement si favorable pour les actifs risqués ?

Notre préoccupation majeure s’explique par le fait que de moins en moins de valeurs sont responsable de la progression des bourses. Depuis le début de l’année, le S&P 500 est en hausse de 10,7 %, dont 8 % proviennent de la contribution du secteur de la technologie. Sur le dernier mois de mai, le constat est encore plus flagrant. L’entier de la performance est expliqué par la hausse du secteur de la technologie.

Cet engouement pour la technologie et la thématique de l’Intelligence Artificielle est compréhensible, tant la révolution actuelle impacte l’économie, promesse de gains de productivité et de profitabilité pour les sociétés capables d’intégrer ces nouveaux outils à leurs modèles d’affaires. Cependant, la progression récente des secteurs liés à l’IA est bien trop rapide. Si nous reconnaissons le potentiel à long terme de l’IA et des entreprises exposées à ce domaine, nous nous inquiétons d’un risque de correction à court terme, alors que le rythme de la hausse actuelle est intenable.

Les différents indicateurs de sentiment semblent tous porter le même message. Les marchés sont surachetés, les investisseurs font preuve de complaisance et les courbes paraboliques des cours s’écartent bien trop de leur rythme moyen de progression.

Notre message de prudence à court terme concerne principalement le sous-segment des semiconducteurs, en hausse de 80 % cette année. Certains investisseurs sous exposés continuent de courir après ces valeurs et ainsi d’alimenter le mouvement haussier.

Des prises de profits s’imposent donc à court terme, notamment sur les valeurs de semiconducteurs. Nous privilégions les secteurs plus en retard comme les financières ou la santé, en attendant une saine consolidation de la tech. Elle sera sans doute de courte durée. Il sera alors temps de renforcer à nouveau ce secteur qui reste malgré tout incontournable et qui représente aujourd’hui plus de 40% de la cote américaine. 

Chiffre de la semaine : -0.1 %

Le PIB français a enregistré une baisse de 0,1 % au premier trimestre (+0.9 % A/A), reflétant une révision à la baisse de la consommation des ménages et de l’investissement. Cette évolution confirme la fragilité de la dynamique économique française.