En Allemagne, bien que les élections fédérales ne soient prévues qu’en 2029, les scrutins régionaux accroissent la pression sur le gouvernement. Après la victoire de l’AFD en Saxe-Anhalt, les élections de ce week-end ont confirmé la fragilisation de la CDU : revers historique en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et perte de Berlin au profit de Die Linke. Ces résultats accentuent les interrogations sur le leadership de Friedrich Merz, dont le taux de popularité a chuté à 10%, et renforcent la pression pour obtenir des résultats sur la croissance. Pour autant, la relance budgétaire et les investissements engagés ne devraient pas être remis en cause. Les marchés financiers sont d’ailleurs restés largement insensibles à ces résultats, la bourse allemande affichant même une hausse au lendemain de ces votations. En France, la situation politique apparaît plus délicate, avec des finances publiques sous pression et une dette qui continue de progresser. Ces fragilités sont toutefois déjà bien identifiées par les marchés, le spread OAT-Bund se situant actuellement à un plus haut historique. Celui-ci devrait rester un baromètre clé du risque politique français à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
L’indice S&P 500 va probablement clôturer le mois de septembre en territoire négatif. Les investisseurs ne manquaient pas de raisons pour délaisser les actions américaines ces dernières semaines. Les rendements obligataires à 10 ans qui frôlent la barre des 5% et la Réserve fédérale qui a procédé à sa première hausse de taux depuis 2023 sont les principales raisons dans la pause observé par les bourses en septembre.
Car c’est bien d’une pause qu’il s’agit et non pas d’une réelle correction. Le principal indice des valeurs cotées aux Etats-Unis évolue à peine 3 % en-dessous des records historiques du mois d’août et fait à nouveau preuve d’une résilience à toute épreuve. Ni le rebond du pétrole au-dessus de la barre des USD 100 dollars, ni l’approche des élections de mi-mandat, à l’issue incertaine, ne semble représenter des facteurs suffisants pour provoquer un réel trou d’air sur la bourse.
Et pourtant, les valorisations continuent leur chute significative. Le ratio Prix / Bénéfices (P/E) du S&P 500 est de retour au niveau de mars, lors du début du conflit initié par les Etats-Unis en Iran, soit 19x. Il s’agit également d’une correction de près de 20 % par rapport au niveau de 23x observé durant l’année 2025.
Ce qui sauve aujourd’hui les bourses, c’est la croissance phénoménale des bénéfices des entreprises américaines. En effet, l’année 2026 restera une année record en termes de croissance. Les profits des sociétés américaines sont attendus en hausse de 30 % cette année, un chiffre qui a été fortement révisé à la hausse après une progression de 45 % durant le deuxième trimestre de l’année.
La saison de résultats du troisième trimestre se profile à l’horizon. Mais, même si les bénéfices restent bien orientés – une progression de 27 % est anticipée par les analystes – la tendance est à une normalisation depuis les niveaux extrêmes du trimestre passé.
Au vu des nombreuses incertitudes qui caractérisent l’environnement actuel, la poursuite de la croissance est clé pour soutenir les bourses. Sans cette croissance, tirée par des investissements colossaux dans les technologies liées à l’Intelligence Artificielle, les performances boursières seraient certainement beaucoup moins plaisantes.
Une partie de ces incertitudes pourraient potentiellement disparaitre d’ici quelques semaines. Une résolution du conflit au Moyen-Orient, un reflux des taux d’intérêt à long terme et un résultat clair et incontestable lors des élections de mi-mandat, seraient tous de nature à mettre un terme à la contraction brutale des multiples de valorisation. De quoi aborder les deux derniers mois de l’année, historiquement favorables aux bourses, dans une configuration bien plus favorable. Car la croissance bénéficiaire pourrait bien avoir atteint son pic et ne pourra pas soutenir éternellement la bourse américaine.
Chiffre de la semaine : 5 %
La progression des taux à 10 ans américains a été stoppée au seuil psychologique de 5 %. Il s’agit-là d’un support technique majeur qui correspond au pic des rendements atteint en octobre 2023.