La semaine dernière, les marchés obligataires internationaux ont connu une nouvelle phase de tension, marquée par une forte remontée des rendements souverains à long terme. Ce mouvement s’explique principalement par les craintes d’un rebond de l’inflation alimenté par la hausse des prix de l’énergie, dans un contexte géopolitique tendu autour du détroit d’Ormuz et des risques pesant sur l’approvisionnement pétrolier mondial. Dans plusieurs grandes économies, les taux longs ont même dépassé les sommets observés lors de l’épisode inflationniste de 2022-2023. Pourtant, les perspectives d’un dérapage durable de l’inflation apparaissent à ce stade relativement limitées, les fondamentaux économiques restant globalement compatibles avec une désinflation progressive, surtout en cas d’apaisement des tensions géopolitiques. Cette correction des marchés obligataires pourrait ainsi commencer à offrir des points d’entrée attractifs sur les obligations de longue maturité. À court terme néanmoins, la remontée des taux constitue un facteur de pression pour les actifs risqués et plaide pour une certaine prudence sur les marchés actions.
Nouvelle phase d’incertitude au Royaume-Uni : après la débâcle des élections locales, la pression s’est intensifiée sur Keir Starmer pour quitter Downing Street, alimentant les craintes d’un virage politique vers la gauche.
Les marchés ont rapidement sanctionné cette détérioration du climat politique. Le Royaume-Uni évolue depuis plusieurs années dans un environnement fragile, marqué par une croissance faible, une inflation persistante et une dette publique élevée. Dans ce cadre, le gouvernement travailliste n’est pas parvenu à respecter ses engagements de réduction des dépenses, ce qui complique encore la donne. La livre sterling a reculé tandis que les Gilts se sont fortement tendus : le rendement à 30 ans a ainsi dépassé les niveaux atteints lors du choc du
mini-budget de Liz Truss en 2022, atteignant même des sommets inédits depuis 1998. La comparaison internationale n’est guère plus favorable : les taux britanniques restent les plus élevés du G7 et ont progressé, depuis le début du conflit iranien, d’environ deux fois plus qu’en Allemagne.
Le niveau très élevé des taux d’intérêt ne constitue pas une bonne nouvelle pour une croissance économique déjà fragile. Cela va sans doute peser sur l’investissement des entreprises, le crédit ainsi que sur la confiance des ménages, renforçant le risque d’un ralentissement plus marqué de l’activité. Dans ce contexte, une transition politique prolongée ne ferait qu’alimenter ce malaise.
À court terme, les actifs britanniques devraient rester sous pression, notamment les actions domestiques. Mais un changement de leadership pourrait aussi clarifier la trajectoire économique, approchement avec l’Europe, révision du cadre budgétaire (même si la marge de manœuvre reste réduite en raison du niveau de la dette), élargissement de la base fiscale et, une fois l’incertitude dissipée, redevenir un soutien pour la livre et les actifs britanniques. Sur la bourse de Londres, nous préférons rester prudents et continuons dans l’intervalle à privilégier les valeurs à forte exposition internationale, qui bénéficient de la faiblesse de la livre.
Le PIB de la Suisse a progressé plus fortement que prévu au premier trimestre 2026, affichant une croissance de 0,5% par rapport au trimestre précédent. Ce sont notamment les investissements et la consommation domestique qui dopent la conjoncture, alors que les exportations souffrent du franc fort.