Après avoir atteint des sommets début janvier, le cours de l’or évolue désormais dans une phase de consolidation, oscillant globalement entre 4’500 et 4’800 dollars l’once. Cette stabilisation fait suite à la forte hausse enregistrée en fin d’année dernière et reflétait, dans un premier temps, un ajustement classique après un excès d’optimisme des investisseurs.
L’intensification récente des tensions géopolitiques au Moyen-Orient a toutefois modifié la dynamique du marché. Les inquiétudes portent sur les besoins potentiels de liquidités, certains pays producteurs de pétrole pouvant être amenés à mobiliser leurs réserves, tandis que les pays importateurs comme la Turquie font face à une hausse des coûts énergétiques.
Dans ce contexte, l’or se comporte moins comme une valeur refuge traditionnelle et a sous-performé les actifs risqués. À long terme, la diversification des réserves officielles hors dollar reste un soutien structurel, mais à court terme, nous anticipons une évolution plutôt latérale du métal jaune en l’absence de catalyseur. Nous privilégions donc une approche prudente et attendons des signaux plus clairs avant d’envisager un renforcement des positions dans cet actif.
Après plusieurs semaines marquées par une forte volatilité des marchés obligataires mondiaux, un certain apaisement semble émerger à mesure que les perspectives diplomatiques au Moyen-Orient se clarifient. Les discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran, combinées à une diminution du risque immédiat d’escalade militaire dans la région du Golfe, ont contribué à détendre les anticipations sur les prix de l’énergie et, par ricochet, sur les anticipations d’inflation mondiales.
Au cours des derniers mois, les investisseurs avaient progressivement intégré un scénario de persistance inflationniste. La résilience de la croissance américaine et la remontée des prix du pétrole liée aux tensions géopolitiques avaient entraîné une hausse sensible des rendements souverains, notamment sur les maturités longues. Aux États-Unis, les taux à 10 ans se sont maintenus à des niveaux élevés, tandis qu’en Europe, les emprunts d’État allemands et français ont également subi des pressions vendeuses importantes. Même certains marchés émergents ont vu leurs primes de terme se tendre, dans un contexte d’incertitude accrue sur les trajectoires monétaires des banques centrales.
Cependant, le reflux récent des prix de l’énergie modifie progressivement l’équilibre des marchés. Les investisseurs commencent à envisager un scénario dans lequel le pic d’inflation énergétique resterait contenu, permettant aux banques centrales de reprendre un biais plus neutre dans les prochains trimestres. Cette évolution favorise une stabilisation des courbes de taux, voire un début de détente sur certaines échéances longues.
Dans ce contexte, les obligations longues retrouvent progressivement de l’intérêt stratégique. Les rendements réels offerts par les emprunts souverains américains, britanniques ou encore australiens redeviennent attractifs pour les investisseurs institutionnels en quête de portage et de diversification. En zone euro également, certains segments de qualité « investissable » offrent désormais des points d’entrée plus favorables qu’au cours des deux dernières années.
Le marché suisse demeure toutefois une exception notable. Les rendements de la Confédération restent structurellement faibles en raison de la solidité des finances publiques helvétiques, des flux refuge persistants et d’une inflation domestique nettement mieux maîtrisée que dans les autres économies développées. Cette singularité limite encore l’attrait relatif des obligations longues libellées en francs suisses.
Dans l’ensemble, une fenêtre d’opportunité semble se dessiner pour rallonger progressivement les durations au sein des portefeuilles internationaux. Un accord diplomatique plus formel entre l’Iran et les États-Unis, impliquant une sécurisation durable des flux énergétiques et une réouverture complète du détroit d’Ormuz, pourrait accentuer ce mouvement en réduisant davantage les primes de risque inflationniste intégrées dans les marchés obligataires mondiaux.
L’indice des directeurs d’achat est ressorti sous les attentes à 47,5. Les services ont souffert des incertitudes liées au conflit en Iran, qui pèsent sur la confiance du consommateur, tandis que le secteur manufacturier reste résilient. Une résolution du conflit et la réouverture du détroit d’Ormuz devraient soutenir un rebond des services.