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Point sur les marchés – 12 septembre 2023

Rédigé par Daniel Varela, Chief Investment Officer | 11 sept. 2023 22:00:00

Les chiffres de l’inflation américaine pour le mois d’août vont être publiés cette semaine. Si l’inflation totale est attendue en hausse par rapport au mois précédent, en raison de la volatilité des prix de l’énergie, l’inflation sous-jacente, qui est l’indicateur préféré de la Fed va continuer sa normalisation graduelle. Une situation qui plaide pour un statu quo prolongé de la politique monétaire.

En tant que dernière banque centrale à normaliser sa politique monétaire, le gouverneur de la Banque du Japon a suggéré ce week-end qu’il pourrait mettre fin aux taux d’intérêt négatifs avant la fin de l’année. En réaction, le yen a étendu ses gains à plus de 1 % par rapport au billet vert, le rendement des obligations à 10 ans a bondi au-dessus de 0,70% et le secteur bancaire a connu sa plus forte hausse depuis décembre 2022.

En Allemagne, la forte hausse des nouvelles commandes en juin était gonflée par un gros contrat dans l’aéronautique, mais la lourde baisse en juillet (-11.7%M/M) est bien plus importante que les attentes du consensus. A cela vient s’ajouter les chiffres décevants de la production industrielle (-0.8%M/M). Il sera sans doute compliqué pour ce pays d’échapper à la récession cette année, notamment si l’économie chinoise peine à se redresser. 

 

Le billet vert soutenu par la résilience américaine

Le chiffre de l’ISM des services pour le mois d’août a été publié nettement au-dessus des attentes des économistes. Pour rappel, cet indicateur issu d’un sondage réalisé auprès de directeurs d’achats de grandes entreprises donne une bonne indication de l’évolution de la marche des affaires dans le secteur tertiaire. L’enquête porte sur différents critères dont notamment l’état du carnet de commandes, de l’emploi et de l’évolution des prix de revient et des prix de vente. Il est le plus souvent utilisé comme un indicateur avancé de l’évolution future des affaires dans ces secteurs d’activité. Cette mesure affiche une résistance remarquable depuis le début de l’année. Et son rebond à 54.5 au mois d’août, l’éloigne clairement du niveau de 50 marquant la différence entre expansion ou contraction de l’activité. Compte tenu du poids de la consommation privée et notamment de sa composante services dans le calcul du Produit Intérieur Brut (PIB) aux Etats-Unis, il s’agit d’une nouvelle rassurante quant à la santé de l’économie. Car près de deux tiers du PIB américain dépendent de la consommation des ménages. Ainsi, malgré l’inflation élevée et la remontée des taux d’intérêt, les ménages américains ne rognent pas sur leurs dépenses. L’explication de cette propension à consommer se trouve certainement dans la bonne santé du marché de l’emploi. Un taux de chômage proche de son plancher historique et des salaires en progression sont en effet des éléments qui soutiennent la confiance des ménages. Mais cette résilience du consommateur n’est pas forcément du goût de la Réserve fédérale (Fed). Cela la dissuadera sans doute de couper ses taux d’intérêt dans un futur proche au risque d’alimenter le rebond des dépenses de consommation. Cette résilience américaine alors même que l’activité ralentit sérieusement en Europe explique sans doute le rebond du dollar US depuis le mois de juillet contre l’euro et dans une moindre mesure contre le franc suisse. Mais ce redressement du billet vert est-il temporaire ou durable ? A plus long terme, le déficit externe grandissant des Etats-Unis constitue un frein indéniable. Car il est plus difficile d’attirer les capitaux en direction de l’Amérique alors que le différentiel de taux vis-à-vis de ses partenaires commerciaux européens s’est nettement réduit sur les derniers mois. D’ailleurs, les actes et paroles de la Banque centrale européenne et de la Banque nationale suisse ces deux prochaines semaines indiqueront si le billet vert peut encore perdre de son attrait.
 

Le secteur solaire : un été nuageux

Si le mercure est monté en flèche pendant l’été 2023, qui est d’ailleurs proclamé comme le plus chaud jamais enregistré, les valeurs du secteur solaire ont paradoxalement connu un sort glacial. Un cocktail d’incertitudes macroéconomiques, allant des coûts de financement élevés des installations solaires en raison de la remontée rapide des taux d’intérêt à la déflation des matières premières comme le prix du polysilicium, a jeté une ombre sur ce secteur. Ajoutez à cela des risques géopolitiques et des subventions protectionnistes généreuses, et vous avez un secteur momentanément éclipsé.

Pourtant, au-delà de ces nuages éphémères, l’avenir de ce secteur reste prometteur. Divers gouvernements à travers le monde ont réaffirmé leur engagement à atteindre la neutralité carbone et la course à la décarbonisation n’est pas une question de « si » mais de « quand ». L’énergie solaire reste tout simplement une contribution essentielle à ces objectifs.

De plus, la hausse du prix du baril ces dernières semaines rend cette énergie alternative et renouvelable d’autant plus attractive. Sans parler des considérations géopolitiques telles que l’invasion de l’Ukraine, qui ajoute une autre couche à l’attrait du solaire en soulignant l’urgence et l’importance stratégique de l’indépendance énergétique.

Bien que le secteur solaire ait connu des défis considérables récemment, les fondamentaux qui rendent cette source d’énergie attractive n’ont pas changé. L’attrait du solaire en tant que pilier du mix énergétique durable reste fort. Pour les investisseurs prêts à prendre une perspective à long terme, cette nébulosité pourrait être propice pour envisager une allocation dans ce secteur en pleine ascension.