Actualités

Point sur les marchés - 12 février 2024

Rédigé par Daniel Varela, Chief Investment Officer | 13 févr. 2024 11:00:00

La BNS a-t-elle déjà changé de cap ?

Le franc suisse est très fort, c’est indéniable. Il a terminé l’année quasiment à un plus haut historique tant contre l’euro que contre le dollar. Et malgré un léger recul depuis le début de 2024, cette appréciation exerce une pression considérable sur l'industrie d'exportation suisse. Cette situation affecte principalement des secteurs clés tels que l'horlogerie, la pharmacie et l’industrie des machines-outils. La force du franc suisse rend les produits suisses plus chers sur les marchés étrangers, ce qui nuit à la compétitivité des exportateurs helvétiques. Une nouvelle fois, la pression commence à monter à l’égard de la politique de la Banque nationale suisse (BNS). Des responsables politiques suisses, des économistes et des représentants de l'industrie ont exprimé dernièrement leur soutien à une politique monétaire plus accommodante dans un contexte de ralentissement de l’activité sur le Vieux continent. Ils soulignent l'urgence d'agir pour préserver la vitalité du secteur de l'exportation et maintenir la compétitivité de l'économie suisse. On rappellera que, dans sa communication, la BNS souligne depuis près de 18 mois les bienfaits de l’appréciation de la monnaie helvétique afin de lutter contre l’inflation importée. Cette politique semble porter ses fruits, avec un renchérissement qui en Suisse n’a pas autant dérapé que dans les pays voisins. D’ailleurs, l’inflation est d’ores et déjà de retour dans la zone de confort de la BNS. Malgré un risque de léger rebond des prix en ce début d’année en lien avec la hausse des prix de l’électricité, des loyers et de la TVA, des signes récents laissent entrevoir un éventuel changement de cap dans la politique monétaire suisse. En effet, l'augmentation du bilan de la Banque nationale suisse depuis le début de l’année suggère peut-être une orientation vers une politique plus accommodante. Le rebond est léger et avant tout porté par la progression des marchés financiers dans lesquels les réserves de changes de la BNS sont investis. Mais ce virage semble confirmé par le redressement des avoirs à vue auprès de la Banque nationale suisse, un baromètre souvent plus adéquat de l’action de la banque centrale sur le marché des changes. En fin de semaine, le total des avoirs à vue a atteint Fr 482 milliards, en progression de 20 milliards depuis fin décembre. Mais une action plus vigoureuse de la part de la BNS sera peut-être nécessaire, car sur une base graphique, on ne peut pas encore parler d’inversion de tendance sur le franc.

 

Le S&P 500 en pleine surchauffe

Alors que l’indice S&P 500 ne cesse d’établir de nouveaux records, une multitude d’indicateurs semble pointer vers une correction imminente des bourses. En premier lieu, les indicateurs de sentiment montrent une claire complaisance de la part des investisseurs et un optimisme extrême, propice à une consolidation des bourses. Ensuite, l’image technique de l’indice phare des valeurs américaines se détériore. Les actions sont clairement surachetées et l’indice bute aujourd’hui sur des résistances techniques importantes. Autre indicateur compatible avec un scénario de consolidation, la volatilité des actions se situe à un niveau extrêmement faible, un élément contrariant qui incite à la prudence à court terme. Enfin, le rapport cours/bénéfices (PE) des titres du S&P 500 atteint aujourd’hui 21x. Dans un tel contexte, il nous parait opportun de ne pas « courir » après les marchés et de patienter jusqu’à une probable consolidation avant d’investir des liquidités supplémentaires sur le marché des actions US.

 

Chiffre de la semaine : 2,5%

Même s’il reste faible, te taux de chômage en Suisse poursuit sa progression et s’établit à 2,5% pour le mois de janvier, signe d’une légère détérioration de la conjoncture helvétique. Rappelons que le niveau de chômage avait atteint un plus bas de 1,9% en été 2023.