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Point sur les marchés - 13 novembre 2023

Rédigé par Daniel Varela, Chief Investment Officer | 14 nov. 2023 11:30:00

La tendance baissière en place depuis la fin du mois de juillet sur l’indice S&P 500 a finalement été invalidée par l’importante hausse des actions américaines de vendredi passé. Ce mouvement haussier met ainsi fin à une correction de plus de trois mois, qui avait vu l’indice lâcher plus de 10% depuis ses plus hauts. Dans ce contexte, un rallye de fin d’année semble de plus en plus probable.

Les Etats-Unis pourraient bientôt quitter le cercle très restreint des pays bénéficiant d’une qualité de crédit AAA. Moody’s, qui est la dernière agence à maintenir la notation la plus élevée sur la dette du gouvernement américain, vient en effet d’indiquer une possible rétrogradation sur le court-moyen terme en raison principalement du creusement du déficit budgétaire. Cette annonce n’a pas eu d’impact sur le marché obligataire.

Depuis que la Commission de Sécurité et d’Echanges (SEC) a essuyé des revers judiciaires quant à son refus d’accepter des ETF sur le bitcoin, les rumeurs vont bon train quant à leur autorisation prochaine aux Etats-Unis. Les actifs digitaux continuent logiquement de progresser soutenus par cette perspective, tirés par le bitcoin qui traite proche des 37'000 $, son plus haut niveau depuis 18 mois.

 

La pause des banques centrales impactera-elle le marché des changes ?

Les grandes banques centrales ont fini de relever leurs taux directeurs, à une exception près. La Banque du Japon se trouve en effet sur une trajectoire très différente de ses homologues, elle qui n’a pas encore abandonné la politique accommodante adoptée depuis de nombreuses années. Un premier tour de vis monétaire de sa part est attendu bientôt, il pourrait enrayer le long déclin du yen. Mais en ce qui concerne la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne, la Banque d’Angleterre et même la Banque nationale suisse (BNS), les politiques monétaires ont désormais atteint une pause après 18 mois de resserrement continu des conditions de crédit. Pour autant, ces instituts d’émissions ne sont pas encore prêts à abaisser les taux. La frayeur causée par les poussées inflationnistes des deux dernières années ainsi que les tensions qui subsistent globalement sur le marché de l’emploi des pays développés vont inciter les grands argentiers à jouer la prudence et maintenir les taux à des niveaux élevés plus longtemps que de coutume, sauf grave rechute économique. A l’exception du yen japonais, les anticipations des décisions de politique monétaire ne devraient donc guère influer sur le comportement des monnaies à court terme. C’est plutôt la santé relative des économies et les différentiels de rendement entre les devises qui renseigneront les investisseurs sur l’évolution des monnaies ces prochains mois. Dans ce contexte, le dollar américain semble reprendre des couleurs. Tandis que l’Europe ralentit et que la Chine peine à réaccélérer, l’économie américaine se distingue par sa résilience. En outre, le surplus de rendement offert par le billet vert face aux monnaies européennes s’accroît à nouveau depuis quelques semaines. De quoi mettre fin, du moins temporairement, à la glissade du dollar amorcée en automne 2022. A plus long terme, en revanche, des facteurs tels que les déficits extérieurs structurels des Etats-Unis et la dédollarisation rampante des réserves monétaires de pays non alignés continueront de pénaliser le billet vert. Sur les prochains mois, la devise américaine devrait en tout cas être bien orientée vis-à-vis de la monnaie helvétique. Car, selon toute vraisemblance, le franc suisse devra se passer du soutien de la BNS. Alors que l’inflation en Suisse est d’ores et déjà retournée dans la cible et que l’économie helvétique souffre de sa proximité avec une Allemagne à la peine, l’institution présidée par Thomas Jordan n’a désormais plus de raison de maintenir une politique favorisant une appréciation du franc.

 

Rencontre Xi - Biden : espoir de stabilisation ?

En Chine, les indicateurs PMI pour l'industrie manufacturière et les services se sont détériorées en octobre par rapport à septembre. Cette tendance réitère la nécessité d’un soutien politique plus important pour maintenir la dynamique de croissance, compte tenu de la faiblesse de la reprise économique. Dans ce contexte, le gouvernement chinois semble décidé à en faire davantage. La décision prise à fin octobre d'augmenter le déficit budgétaire de 1'000 milliards de RMB (~137 milliards d'USD), passant de 3,0 % à 3,8 % du PIB d'ici à 2023 représente un signal clair de changement de politique fiscale. Cette décision fait suite à l'approbation d'un quota supplémentaire d’émission d’obligations de l’Etat pour soutenir les investissements dans les infrastructures. A noter que cette décision montre que, bien que l'objectif d'une croissance du PIB autour de 5% est quasiment garanti pour 2023, Pékin souhaite limiter le risque d’un nouveau ralentissement pour l’année prochaine. Cela indique également que le gouvernement est conscient des difficultés budgétaires auxquelles font face les gouvernements locaux avec le ralentissement du secteur immobilier et qu'il se tient prêt à augmenter le bilan du gouvernement central pour soutenir la croissance. Si cette approche rarement utilisée pour accroître le financement budgétaire ne semble pas encore suffisante pour restaurer la confiance des investisseurs, la rencontre des présidents Xi et Biden cette semaine à la conférence de l'APEC à San Francisco pourrait être un autre catalyseur. Cette réunion, la première sur terre américaine du président chinois depuis 2017, ne devrait pas résoudre de manière fondamentale la rivalité entre ces deux géants économiques. Cependant, les attentes actuelles du marché sont si faibles que le moindre signe de stabilisation des relations pourrait constituer une nouvelle suffisamment encourageante pour améliorer le sentiment extrêmement déprimé envers le marché chinois à l'heure actuelle.