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Point sur les marchés - 18 décembre 2023

Rédigé par Daniel Varela, Chief Investment Officer | 19 déc. 2023 08:15:00

COP28 : un accord « potentiellement » historique.

Malgré les critiques à l’égard de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP28) à Dubaï, l’accord annoncé le 13 décembre, adopté par près de 200 pays, devrait avoir des implications pour les investisseurs.
Premièrement, la nécessité de l’énergie nucléaire comme solution vers la décarbonisation a été reconnue avec un objectif de tripler sa capacité d’ici 2050. Pour rappel, cette exposition a été retirée des critères d’exclusion de la banque depuis le début de cette année. Ensuite, les pays ont convenu de tripler la capacité d’énergie renouvelable et de doubler le taux d’amélioration de l’efficacité énergétique d’ici à 2030. Et enfin, cet accord contient, pour la première fois, une déclaration en faveur d’une transition progressive vers l’abandon des combustibles fossiles de manière juste, ordonnée et équitable - un premier petit pas historique après les doutes de ces dernières années dus à la sécurité énergétique avec la guerre en Ukraine. Cet accord ne sera historique que s'il se traduit en actes. Toutefois, il a montré que seule une combinaison de solutions pourra relever le défi climatique et il a validé, une nouvelle fois, le potentiel de la thématique de la transition climatique d’un point de vue réglementaire, environnemental et financier sur le long terme.

 

La baisse des taux approche

La Réserve fédérale américaine (Fed) continue de dicter le rythme en matière de politique monétaire. C'est elle qui a initié le cycle actuel de hausses de taux en mars 2021, suivi ultérieurement par l'ensemble des grandes banques centrales, notamment en Europe. Tout indique que ce sera à nouveau elle qui orchestrera les futures baisses de taux. Le communiqué émanant de son président, Jerome Powell est sans équivoque. Le pivot de la Fed est désormais confirmé et la prochaine étape consistera à abaisser les taux directeurs. D'ailleurs, ses prévisions tablent sur trois baisses de taux de 0,25 % en 2024, dont la première pourrait intervenir dès le premier semestre. Jerome Powell justifie ce changement de cap à venir par les progrès significatifs réalisés dans la lutte contre l'inflation, avec une modération des prix qui s'étend désormais au-delà des biens et commence également à affecter les services. Le ton très accommodant de la banque centrale américaine a surpris une majorité d’économistes. En moins de trois mois, la Fed a effectué un revirement complet, passant d'une perspective de resserrement monétaire (hawkish) à la nécessité de rouvrir le robinet du crédit (dovish). Les banques centrales européennes semblent moins enclines à effectuer un virage aussi radical en l'absence de crise. À l'instar de la Banque nationale suisse, qui, malgré une inflation dans la cible (1,4 % sur un an) et un franc très fort, ne se résout qu'à admettre une politique équilibrée sans aller jusqu'à prévoir une future baisse de taux. Même son de cloche du côté de la Banque centrale européenne et de la Banque d'Angleterre, puisqu'elles affirment toutes deux qu'il est trop tôt pour évoquer une détente monétaire. Pour les marchés financiers, la voix qui compte le plus est celle de Jerome Powell et les investisseurs lui ont manifesté leur approbation en propulsant les indices boursiers vers de nouveaux sommets. Le marché obligataire n'était pas en reste, avec des hausses de cours qui concernaient tous les segments, tant en termes de durées que de qualité de crédit. Alors que la bourse américaine a grimpé de près de 15 % en moins de deux mois et que les rendements à 10 ans en dollar ont reculé de 5,0 % à 3,9 % sur la même période, on peut néanmoins s'inquiéter d'un début de complaisance des investisseurs en cette fin d'année.

 

Chiffre de la semaine : 10/01/24

C’est le jour où la SEC doit rendre sa décision quant à l’approbation d’un ETF sur le bitcoin. La hausse du cours de celui-ci, depuis octobre, traduit des attentes élevées.