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Point sur les marchés - 28 novembre 2022

Rédigé par Daniel Varela, Chief Investment Officer | 28 nov. 2022 23:00:00

Le pétrole continue de baisser et affiche désormais une performance négative depuis le début de l’année. De plus, la courbe des futures est passée en « backwardation », traduisant une faiblesse de la demande plus importante qu’escomptée. La réunion de l’OPEP du 4 décembre sera importante pour rassurer les marchés sur l’offre jusqu’à ce que le ralentissement économique actuel soit derrière nous.

Depuis quelques mois, les nouvelles économiques de la zone euro ont tendance à surprendre positivement, à l’image des indices des directeurs d’achats (PMI) ou de l’indicateur IFO en Allemagne.  Le contexte économique devrait toutefois rester difficile, le resserrement monétaire, ainsi que la hausse du prix du pétrole ayant généralement des effets décalés sur l’activité.

Aux Etats-Unis, les promotions du « Black Friday » ont donné lieu à une augmentation modérée (+3%) de la fréquentation chez les distributeurs. Les ventes en ligne progressent de manière similaire, démontrant un environnement encore porteur pour le consommateur américain. Toutefois, les promotions étaient très massives, dans le but de liquider des stocks trop importants. Cela aura certainement un impact négatif sur la profitabilité des vendeurs.

 

La fin du « bear market » obligataire ?

Un parfum de désinflation commence enfin à se faire sentir dans le monde. Cela a commencé du côté des Etats-Unis et l’Europe pourrait bientôt être concernée à son tour. Cela a commencé par les prix de l’énergie qui partout refluent depuis les sommets parfois vertigineux atteints durant le printemps ou l’été comme conséquence à la guerre en Ukraine.

D’ailleurs cela concerne aussi les cours du gaz en Europe qui, grâce à la clémence de l’automne et à des stocks reconstitués à l’échelle du continent, reculent assez nettement depuis quelques semaines malgré un approvisionnement en gaz russe quasiment à l’arrêt.

Mais les prix des denrées alimentaires de base suivent la même trajectoire et dans le même temps éloignent la crainte d’une crise alimentaire mondiale. Et que dire des prix du transport maritime qui après une forte envolée liée à la réouverture économique mondiale et à la guerre retrouvent désormais leurs niveaux prépandémie.

Il est donc très probable que les prochaines statistiques de prix à la consommation confirment que le ralentissement de l’inflation est bien engagé aux Etats-Unis et que son sommet est sur le point d’être atteint en cette fin d’année 2022 en Europe.

De quoi inciter les banques centrales à adopter un peu plus de retenue dans le resserrement monétaire dans lequel elles se sont engagées depuis le début de l’année. Un reflux des pressions inflationnistes est forcément une excellente nouvelle pour les investisseurs obligataires. Car l’inflation est l’ennemi des obligations puisqu’elle tend en termes réels à dévaloriser les paiements de coupons futurs ainsi que les remboursements des emprunts à l’échéance.

Le pire est donc sans doute derrière pour le marché de taux fixes. Un vrai soulagement après une année 2022 qui en performance s’annonce comme la pire depuis près de cinquante ans avec des reculs à deux chiffres sur la plupart des principaux marchés obligataires dans le monde. Les investisseurs n’ont pas été habitués à ce genre de pertes, surtout durant une année où les placements boursiers affichent également de forts reculs.

Pourtant, les prochaines années s’annoncent bien meilleures en ce qui concerne les obligations. Elles ont retrouvé des niveaux de rendement qui offrent à nouveau de l’attrait au sein des portefeuilles. Avec, à la clé, une appréciation en capital si le ralentissement de l’inflation se confirme dans le monde.

Plutôt que de renoncer par dépit aux obligations, il est donc au contraire recommandé de parier à nouveau sur cette classe d’actifs.

 

Le pivot zéro-Covid tant attendu

La performance des marchés chinois a connu des montagnes russes au cours des dernières semaines. Il y a d’abord eu la réaction au Congrès du Parti à la fin octobre, à la suite duquel les marchés « offshore » en particulier ont connu la capitulation des investisseurs en réponse à la consolidation du pouvoir du président Xi.

Cette faiblesse du marché n’a toutefois pas duré longtemps. Les bourses ont fortement rebondi sur les premiers signes de lumière au bout du tunnel de restrictions qui a duré près de trois ans. La récente série de mesures d’assouplissement, y compris une réduction de la durée de quarantaine pour les voyageurs entrants, représente un espoir de réouverture.

Par ailleurs, des mesures de soutien supplémentaires au secteur immobilier et une nouvelle baisse du taux de réserves obligatoires annoncée la semaine dernière sont toutes favorables au sentiment des investisseurs, justifiant un rebond d’environ 20% pour l’indice d’immobilier et technologique de la Bourse de Hong-Kong depuis le début du mois.

Lors de ce dernier weekend mouvementé, le nombre de cas d’infection au Covid a dépassé un nouveau record de 40’000 et de rares manifestations ont été observées dans plusieurs villes chinoises. Ces développements récents imposent des choix difficiles au gouvernement chinois, mais la tendance à la réouverture devrait rester inchangée. En fait, le nombre d’infections et ce type de pression publique pourraient même encourager un rythme d’ouverture plus rapide.

À un moment donné, la Chine devra passer à une politique de facto de tolérance du Covid comme le reste du monde. Un revirement officiel de la politique zéro-Covid est improbable, mais un assouplissement informel des mesures semble plus que jamais nécessaire pour éviter davantage d’instabilité sociale et de dégâts économiques. Mieux vaut se concentrer sur les faits plutôt que la rhétorique pour jauger la probabilité et le rythme du pivot zéro-Covid dans les mois à venir.