En 2026, la Bourse japonaise demeure tributaire de l'orientation des politiques monétaire et budgétaire, ainsi que de l'évolution du yen. Les obligations souveraines japonaises ont débuté l'année sous le signe d'une forte volatilité : les rendements longs ont intégré une prime de risque, dans un contexte de préoccupations concernant la soutenabilité budgétaire. Sur le plan politique, la Première ministre Sanae Takaichi a convoqué des élections législatives pour le 8 février et défend un programme d'expansion fiscale, incluant une suspension de deux ans de la taxe à la consommation sur l'alimentation, une hausse des dépenses de défense, ainsi qu'un renforcement de la politique industrielle. Ce mix exerce une pression baissière sur le yen, ponctuellement contrebalancée par des anticipations d'intervention (comme ce week-end) et par la perspective d'un resserrement monétaire. En parallèle, la Banque du Japon devrait poursuivre sa normalisation monétaire, portée par une inflation plus structurelle et des salaires en hausse, ce qui accroît le risque de tension entre impulsion budgétaire et resserrement monétaire. Dans cet environnement de visibilité réduite, avec les valorisations se situent au-dessus de leur moyenne historique malgré une rentabilité robuste des sociétés, la performance de la bourse dépendra donc principalement de la croissance bénéficiaire, ce qui nous incite à maintenir une posture prudente à court terme.
2026 commence sur les chapeaux de roues pour les matières premières, avec une progression qui dépasse déjà 5 % tirée par les métaux précieux, et une poursuite des tendances de l’année passée.
L’or bénéficie depuis 2022 de fondamentaux particulièrement porteurs. Les banques centrales poursuivent leur stratégie de diversification des réserves pour potentiellement éviter de subir le même sort que la Russie, renforçant la demande structurelle. La baisse des taux d’intérêt contribue également à l’attrait du métal jaune, actif sans rendement mais perçu comme une valeur refuge. En outre, les investisseurs privés n’ont que peu augmenté leur positionnement sur l’or malgré la hausse de son prix, ce qui constitue un facteur de soutien supplémentaire pour la demande future. Les différents éléments cités conservent toute leur pertinence, ce qui nous conduit à anticiper une nouvelle année favorable. Sur le plan technique, le cours de l’or alterne depuis deux ans entre des phases de hausse et de consolidation d’environ quatre mois. Cette dynamique se poursuit cette année : les nouveaux records atteints juste avant Noël ont donné le signal d’un nouveau cycle haussier qui a permis de dépasser 5’000$/once et 125'000 CHF/kg aujourd’hui. Même si sa progression est rapide, nous ne pensons pas avoir atteint un niveau de spéculation extrême. 2026 devrait donc de nouveau être un bon millésime pour l’or, malgré une volatilité qui devrait continuer d’augmenter.
L’argent et le cuivre ont également enregistré de fortes progressions en 2025, avec une accélération notable depuis le dernier trimestre. Il convient toutefois de rappeler que le marché de l’argent est étroit et sujet à des manipulations, ce qui accroît la volatilité. Même si la demande fondamentale reste élevée (en lien avec l’industrie photovoltaïque), nous craignons que le mouvement récent ne soit principalement causé par la spéculation financière et préférons devenir plus prudent à son égard. Quant au cuivre, ses fondamentaux restent solides, portés par la transition énergétique et la demande industrielle. Néanmoins, l’incertitude liée à son traitement tarifaire aux États-Unis constitue un risque à surveiller.
À l’opposé, le pétrole évolue proche des plus bas des quatre dernières années malgré son rebond récent lié aux risques géopolitiques. La hausse des stocks pèse sur les cours, malgré la décision de l’OPEP de réduire ses quotas de production. À moyen terme, la stagnation de l’offre de pétrole de schiste américain pourrait changer la donne. Si la demande repart, soutenue par une croissance économique toujours robuste, un nouveau cycle haussier pourrait s’amorcer.
Part des sociétés du S&P 500 qui vont publier leurs résultats cette semaine, dont certaines valeurs technologiques phare de la cote, comme Microsoft ou Meta. Ces publications peuvent déterminer la direction des marchés ces prochaines semaine et potentiellement attiser la volatilité sur les bourses.