Dans un environnement de hausse marquée de la volatilité la semaine passée, les bourses suisses ont suivi le mouvement à la baisse observé en Europe, alors que les investisseurs réduisent leur exposition aux actifs risqués de manière indiscriminée. Pourtant, nous estimons que les actions domestiques devraient surperformer leurs homologues européens dans la situation actuelle.
Si la faiblesse des titres cycliques industriels ou du luxe est compréhensible, il est plus étonnant d’assister à la baisse de valeurs défensives dans les secteurs de la santé ou de la consommation. Si les tensions géopolitiques perdurent, nous nous attendons donc à une plus grande décorrélation de la Suisse par rapport à l’Europe.
Dans cette optique, nous continuons de favoriser les actions helvétiques, notamment les valeurs domestiques de petites et moyenne capitalisation, bien moins exposées à la flambée des prix de l’énergie et aux craintes grandissantes d’un ralentissement de l’économie mondiale. Dans cet univers, les entreprises purement actives sur le marché local sont largement représentées et montrent actuellement une excellente résilience par rapport à la cote tournée vers l’international.
Dans un contexte géopolitique et économique particulièrement incertain, nous avons décidé d’adopter une posture plus prudente dans la gestion des portefeuilles. L’escalade militaire au Moyen-Orient et l’implication directe de plusieurs puissances régionales et internationales alimentent un environnement de marché marqué par une visibilité réduite. Cette situation se reflète notamment dans l’évolution très rapide des marchés de l’énergie.
Le prix du baril de pétrole a récemment franchi le seuil symbolique des 100 dollars. Cette hausse s’explique en grande partie par les perturbations majeures affectant les flux d’approvisionnement dans la région du Golfe. Le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport mondial de pétrole, est aujourd’hui pratiquement infranchissable pour les pétroliers en raison du conflit qui oppose Israël et les États-Unis à l’Iran. Cette contrainte logistique accroît les tensions sur l’offre et renforce l’incertitude quant à l’évolution des prix de l’énergie.
L’impact économique potentiel dépendra largement de la durée de cette situation. Si le pétrole devait se maintenir durablement au-dessus de 100 dollars, les conséquences pour l’activité mondiale pourraient être significatives, en particulier via une pression accrue sur les coûts de production, le pouvoir d’achat des ménages et, in fine, les perspectives de croissance. À ce stade, aucun élément ne permet d’anticiper une résolution rapide du conflit, ce qui entretient un niveau d’incertitude élevé pour les investisseurs.
Dans ce contexte, nous avons décidé de neutraliser partiellement le risque au sein des portefeuilles gérés par la Banque. Cette décision se traduit par une réduction mesurée de l’exposition aux actifs les plus sensibles aux fluctuations du cycle économique, en particulier les actions.
Pour un profil pondéré, nous réduisons ainsi l’exposition aux actions de 3 %. Cette diminution est principalement réalisée par une baisse de 2 % de l’allocation aux actions américaines, qui ont par ailleurs relativement bien résisté depuis le déclenchement des hostilités. Nous procédons également à une réduction de
1 % des actions européennes, l’économie du Vieux Continent demeurant historiquement plus sensible aux chocs énergétiques.
Cette adaptation tactique vise avant tout à préserver le capital dans une phase où les risques exogènes dominent la dynamique des marchés. Elle ne remet pas en cause notre analyse de fond sur les perspectives économiques et financières à moyen et long terme.
Dans l’hypothèse d’une résolution du conflit dans les prochains jours ou semaines, susceptible d’entraîner un reflux marqué du prix du pétrole, nous serions prêts à revenir rapidement vers le scénario économique plus favorable que nous décrivions en début d’année, ainsi qu’aux allocations d’actifs qui l’accompagnaient.
L’euro a touché un nouveau point bas contre le franc en ce début de semaine. Face au renforcement du franc, une réaction de la BNS est guettée d’ici sa prochaine réunion trimestrielle qui se tiendra le 19 mars.