Alors que les tensions au Moyen-Orient auraient traditionnellement renforcé les valeurs refuges, le comportement du franc suisse a récemment surpris. Malgré le conflit en Iran, la devise helvétique ne s’est pas appréciée, elle s’est même légèrement affaiblie face à l’euro.
Une situation contre-intuitive, analysée par Daniel Varela, Directeur des investissements chez Piguet Galland, dans les colonnes de Tribune de Genève et 24 heures.
Historiquement, le franc suisse joue un rôle de valeur refuge en période d’incertitude. Pourtant, ce mécanisme semble aujourd’hui atténué.
La principale explication réside dans la stratégie de la Banque nationale suisse (BNS). L’institution intervient activement pour éviter une appréciation excessive du franc, afin de préserver la compétitivité des exportateurs suisses.
Comme le souligne Daniel Varela, la BNS semble avoir implicitement fixé un seuil autour de 0,90 franc pour un euro, une limite psychologique qu’elle défend sur les marchés.
Au-delà de l’action de la BNS, un autre facteur clé entre en jeu : le différentiel de taux d’intérêt.
Avec la remontée des rendements en Europe, les investisseurs sont incités à privilégier les actifs en euros, plus rémunérateurs que leurs équivalents suisses.
Dans un contexte marqué par la hausse des prix de l’énergie, notamment du pétrole, l’inflation en zone euro pousse les taux à la hausse, renforçant l’attractivité de la devise européenne.
Résultat : les flux de capitaux se déplacent, au détriment du franc suisse.
Selon Daniel Varela, cette dynamique pourrait toutefois évoluer rapidement.
Un apaisement durable au Moyen-Orient, accompagné d’une baisse des prix de l’énergie, pourrait entraîner un reflux de l’inflation en Europe. Dans ce scénario, l’écart de rendement entre l’euro et le franc se réduirait, favorisant un retour du franc vers des niveaux plus élevés.
Cette situation illustre la complexité des marchés actuels, où les mécanismes traditionnels, comme le rôle refuge du franc, peuvent être temporairement perturbés par des politiques monétaires et des dynamiques macroéconomiques.
Pour les investisseurs, cela souligne l’importance d’une approche diversifiée et d’une lecture fine des équilibres entre devises, taux et inflation.
Lien vers l’article de la TdG
Lien vers l’article 24 heures