Avant la publication mercredi des résultats trimestriels de Nvidia, Daniel Steck, Responsable Recherche Actions chez Piguet Galland, était interrogé par le quotidien Blick sur les attentes entourant le géant américain des semi-conducteurs.
Des attentes particulièrement élevées, des investissements toujours massifs dans l’intelligence artificielle et une question centrale : dépasser le consensus suffit-il encore à convaincre les investisseurs ?
Avant la publication, le consensus tablait sur des revenus proches de 92 milliards de dollars, soit une progression d’environ 15 % par rapport au trimestre précédent. Mais pour Daniel Steck, atteindre ce niveau ne suffisait probablement pas à satisfaire les investisseurs.
Nvidia avait en effet dépassé les attentes du marché au cours des quatorze trimestres précédents. Une régularité qui avait progressivement relevé la barre : plusieurs analystes anticipaient des revenus plus proches de 95 milliards de dollars, tandis qu’un chiffre approchant les 100 milliards aurait pu être nécessaire pour provoquer une réaction franchement positive du titre.
Une situation qui illustre un paradoxe : lorsque les attentes sont déjà extrêmement élevées, battre le consensus ne garantit plus nécessairement une réaction positive des marchés.
Daniel Steck soulignait également l’importance des perspectives communiquées par Nvidia et des indications concernant son carnet de commandes.
Les grands groupes technologiques, les hyperscalers, continuent d’investir massivement dans les infrastructures nécessaires au développement de l’intelligence artificielle. Leurs dépenses constituent ainsi un indicateur important de la demande adressée à Nvidia et, plus largement, au secteur des semi-conducteurs.
Pour Daniel Steck, des résultats solides étaient susceptibles de rassurer temporairement les investisseurs sur la poursuite du cycle d’investissement dans l’IA. Mais une autre question gagne en importance : celle du financement de ces investissements, dans un environnement où les coûts d’emprunt restent élevés.
La publication de Nvidia était ainsi attendue bien au-delà du seul parcours boursier de l’entreprise. Elle constituait un nouveau test pour l’ensemble des valeurs liées à l’intelligence artificielle.
La demande en infrastructures, en puissance de calcul et en composants reste considérable. Nvidia ne pouvant répondre seule à l’ensemble de ces besoins, cette dynamique pourrait continuer à bénéficier à plusieurs acteurs du secteur des semi-conducteurs.
L’enjeu est désormais de savoir combien de temps cette croissance pourra continuer à répondre à des attentes de marché toujours plus élevées.
Retrouvez également l’intervention de Daniel Steck dans Blick.