2025 n’était de loin pas une mauvaise année pour la croissance des sociétés américaines. Pourtant, début 2026, la dynamique bénéficiaire s’accélère encore et les résultats publiés pour le premier trimestre de l’année défient toute logique, alors que les investisseurs craignaient déjà les retombées du conflit au Moyen-Orient. On constate, alors que près de 70 % des entreprises ont révélé leurs chiffres, que les prévisions des analystes étaient bien trop conservatrices. Conséquence, les bénéfices publiés dépassent de 21 % les attentes du consensus, un niveau rarement observé. Pour 2026, c’est une progression des résultats de plus de 20 % qui est à présent escomptée. Bien sûr, les groupes pétroliers contribuent grandement à ce chiffre, ainsi que le secteur technologique, toujours porté par la thématique IA. Cependant, on constate une vigueur de la conjoncture américaine, qui se traduit par une excellente dynamique des affaires de tous les secteurs confondus. Ces bons résultats justifient en grande partie l’atteinte de nouveaux records historiques sur l’indice S&P 500 et le Nasdaq. Toutefois, on ne peut ignorer une certaine complaisance de la part des investisseurs, ce qui pourrait donner lieu à une consolidation prochaine des bourses.
Les bourses européennes ont perdu de leur dynamique ces dernières semaines. La forte performance du secteur technologique profite surtout au marché américain. En Europe, ce secteur est peu représenté, ce qui réduit l’impact positif sur les indices. Par ailleurs, la hausse des prix du pétrole pèse sur une région structurellement importatrice nette d’énergie et contribue à la dégradation des indicateurs avancés d’activité, à laquelle on commence à assister.
En effet, les PMI se sont sensiblement repliés, avec un affaiblissement notable des services, tandis que la confiance des entreprises, en particulier en Allemagne, évolue à des niveaux proches du Covid. Dans ce contexte, la Banque centrale européenne a adopté un ton moins restrictif qu’anticipé, consciente du risque croissant pesant sur la dynamique de croissance. À court terme, la situation reste toutefois complexe : la hausse de l’énergie accroît les pressions inflationnistes, alors que la croissance montre des signes d’essoufflement, ce qui va compliquer la tâche de Madame Christine Lagarde.
Une résolution du conflit iranien constituerait un catalyseur majeur pour les marchés européens, qui devraient alors en bénéficier pleinement. Le sentiment des investisseurs est en effet très dégradé et les hedge funds affichent des positions largement vendeuses, traduisant un pessimisme déjà bien intégré dans les valorisations. Ce scénario positif ne semble toutefois pas imminent. En attendant, des opportunités existent.
La saison des résultats bat son plein et s’inscrit globalement dans la continuité des publications précédentes. Certains secteurs font même l’objet de révisions haussières des estimations bénéficiaires, notamment l’énergie, les semi-conducteurs et les banques. Compte tenu de la très forte performance enregistrée par l’énergie et les semi-conducteurs, nous recommandons de prendre des bénéfices partiels. À l’inverse, le secteur bancaire, après la sous-performance de cette année, nous semble offrir un point d’entrée attractif, soutenu par des fondamentaux solides et des anticipations encore prudentes.
Malgré les craintes d’une pénurie de certains produits pétroliers d’ici l’été, le baril de Brent n’a atteint que 120 $ depuis le début de la guerre au Moyen-Orient et se traite actuellement autour de 109 $. Cette évolution illustre la grande capacité d’adaptation des acteurs logistiques et reflète l’espoir d’une résolution rapide du conflit.