Point sur les marchés – 18 décembre 2017

Point sur l’actualité économique de la semaine

Matterhorn Sunrise

L'essentiel

 

La revue de 2017

Etats-Unis

Le marché américain bénéficie d’un environnement économique très favorable caractérisé par une inflation bénigne, des taux d’intérêt bas et une réforme fiscale proche d’aboutir. Tous les astres sont donc alignés cette année pour expliquer la performance de +20% sur l’indice du S&P 500 (à la date de rédaction). Pour participer pleinement à cette exceptionnelle performance, il fallait avoir suffisamment de valeurs technologiques dont la hausse moyenne est deux fois supérieure à celle des financières qui arrivent en seconde position. Quelques poids lourds tirent le secteur à la hausse : Facebook, Apple, Microsoft, Google. A l’inverse, il valait mieux se tenir à l’écart de l’énergie et des télécoms, tous deux en territoire négatif. Les autres secteurs ont des performances assez bien regroupées autour de la médiane. La dispersion entre les titres en revanche est importante. De grosses valeurs à la peine ont eu des répercussions significatives sur les performances. On peut inclure dans cette catégorie, excepté l’énergie et les télécoms déjà mentionnés plus haut, des titres tels que GE, mais aussi, AIG, Time Warner, Allergan, Walgreens, Johnson Control, PG&E ou Target.  Par ailleurs, les valeurs domestiques, d’abord très en retard, ont finalement profité d’un rattrapage lié aux perspectives de la réforme fiscale. Enfin, les petites capitalisations sont à la traîne, comme le reflète l’indice Russell 2000, qui regroupe les 2000 plus petites valeurs, en hausse de « seulement » 13%.

 

 

Europe

Sur le Vieux continent, les faits marquants de 2017 ont été l’ampleur de la reprise économique qui a mené à de fortes révisions en hausse du PIB et l’apaisement des risques politiques.  Ces deux éléments, combinés à une politique monétaire très accommodante et à un net rebond des bénéfices des sociétés, ont représenté un soutien pour les bourses européennes. Leur performance en termes absolus est bonne : l’indice MSCI Europe est à +7% (à la date de rédaction) et proche de ses plus hauts de
2007. En revanche, la performance relative a été décevante depuis les élections présidentielles en France, notamment en raison de la très faible exposition au secteur de la technologie qui a connu une année exceptionnelle. Dans ce contexte, les valeurs cycliques ont tiré leur épingle du jeu au détriment des défensives. En Suisse, l’indice SMI des 20 plus grosses valeurs a progressé de 14% grâce à l’effet conjoint de l’accélération de l’économie mondiale et de l’affaiblissement du franc. Parmi les grandes capitalisations, Roche subit la crainte des biogé-

nériques et n’excède pas une performance à un chiffre au contraire de celle de Novartis et Nestlé, proche de la moyenne. L’indice SMIM, qui regroupe les 30 valeurs suivantes, est même parvenu à faire deux fois mieux. Par ailleurs, la dispersion à l’intérieur des indices est importante. Ainsi, seule une poignée de titres sont en léger repli depuis le début de l’année, mais quelques-uns ont presque doublé (Straumann, Temenos), tandis qu’AMS a plus que triplé.

Marchés obligataires

La plus grande surprise de cette année 2017 est sans conteste l’absence de remontée des rendements à long terme malgré une croissance économique mondiale plus synchrone et en nette accélération. Ainsi, les taux ont particulièrement peu bougé dans les grands pays industrialisés. Aux Etats-Unis par exemple, ils sont même en très légère baisse sur l’année malgré une situation de plein emploi et un cycle économique qui se prolonge au point de rivaliser avec les plus longues phases d’expansion de l’histoire moderne. En zone euro, les rendements à 10 ans affichent également une grande stabilité. Pourtant, les risques politiques qui menaçaient sa cohésion ne se sont pas matérialisés et les signaux économiques sont progressivement tous passés au vert. Et que dire de la Suisse où les rendements restent désespérément en territoire négatif malgré l’embellie économique. Ce contexte de taux bas qui perdure trouve probablement son explication dans des politiques monétaires qui restent globalement très accommodantes, voire très expansives en ce qui concerne la BCE et la Banque du Japon. L’absence d’un vrai retour d’inflation contribue également à faire perdurer cet environnement de taux bas. Face à cette évolution très latérale des principaux marchés, les meilleures performances obligataires sont à chercher du côté des obligations émergentes qui ont profité d’une nette baisse des primes de risque. De même, les emprunts portugais et grecs affichent de belles progressions en raison d’une réappréciation positive de leur risque de crédit.

 

Pour approfondir