Point sur les marchés – 4 décembre 2017

Point sur l’actualité économique de la semaine

Paysage suisse

L’essentiel

La surprise de la semaine écoulée a été la tournure constructive sur les négociations à propos du Brexit, ce qui a mené à une appréciation de la livre. Dans cet environnement, la cote domestique de l’indice britannique a affiché des performances positives au détriment des sociétés exportatrices.

L’agence de notation Moody’s, suivant S&P plus tôt dans l’année, a augmenté la notation de l’Argentine de B3 à B2 en relevant l’amélioration des perspectives macro-économiques suite aux réformes entreprises par le président Macri. Ce niveau situe encore la dette argentine dans la catégorie des obligations spéculatives.

Le Sénat américain est parvenu à conclure un accord sur la réforme fiscale au prix de quelques concessions, ouvrant la voie à une réconciliation avec la Chambre des représentants d’ici la fin de l’année.

Optimisme mesuré

L’OCDE vient de publier ses prévisions économiques qui sont proches de celles communiquées par le FMI le mois dernier. Le constat est positif puisque l’institution prévoit que l’embellie économique mondiale va encore se raffermir en 2018. Pour rappel, l’année 2016 avait connu une évolution très décevante avec une croissance mondiale de seulement 3.1%. Depuis, les signaux sont progressivement tous passés au vert. Le redressement économique s’est généralisé avec une accélération synchronisée à l’échelle planétaire. Et dans un contexte de politiques monétaires toujours accommodantes et de fin des politiques d’austérité budgétaire, les dépenses de consommation et les investissements des entreprises sont repartis nettement à la hausse. L’OCDE estime que la croissance mondiale a accéléré à 3.6% cette année et devrait atteindre 3.7% en 2018 avant de s’essouffler légèrement en 2019 (3.6%) sur fond de ralentissement de l’économie chinoise. 

La zone euro est l’emblème de cette reprise. Après la longue léthargie provoquée par la crise de 2008 et celle des dettes souveraines, la croissance va accélérer à 2.4% en 2017. De manière surprenante, l’institution reste prudente sur les Etats-Unis avec des prévisions de croissance de 2.2% en 2017 et 2.5% en 2018. Ce pays a pourtant annoncé récemment une progression de son PIB de 3.3% en rythme annualisé au troisième trimestre et tout indique que l’activité reste soutenue en cette fin d’année. En outre, les avancées récentes de Washington sur le dossier de la réforme fiscale laissent espérer un nouveau « boost » économique l’année prochaine. Mais l’OCDE comme le FMI il y a quelques semaines s’étonnent quant à l’absence d’inflation à ce stade du cycle économique. Les chiffres publiés la semaine dernière continuent d’entretenir le mystère. L’indicateur phare de la Fed (déflateur des dépenses de consommation) affiche ainsi une progression très mesurée de 1.6% pour les douze derniers mois et de seulement 1.4% hors effets volatils liés au pétrole et aux denrées alimentaires. 

Le constat est le même en zone euro avec une progression limitée de 1.5% de l’inflation annuelle (0.9% pour l’inflation sous-jacente). On relèvera cependant un léger dérapage des prix en Allemagne (+1.8% sur un an). Ce tableau positif continue de réjouir les investisseurs qui ont porté les indices boursiers américains à de nouveaux sommets historiques durant la semaine. Mais l’évolution était plus prudente sur les autres bourses et on note d’importantes rotations sectorielles. Les titres du secteur financier profitent ainsi d’un nouvel élan notamment aux dépens des valeurs technologiques qui ont fait l’objet de quelques prises de bénéfices.

Crypto : mythe ou réalité ?

La fulgurante progression du cours et de la popularité du « Bitcoin » ne laisse indifférent ni les autorités monétaires ni le grand public. Certes, sa performance époustouflante attire un intérêt certain de la part de spéculateurs du monde entier, mais est-ce une mode qui sera vite oubliée après que la « bulle » aura explosé ou sommes-nous en présence d’un phénomène structurel qui pourrait changer en profondeur certains aspects de la finance?

Contrairement à la monnaie légale qui dépend généralement d’une institution comme une Banque Centrale qui décide, seule, d’en imprimer ou d’en retirer, la crypto- monnaie est au contraire une monnaie « décentralisée » qui n’est plus contrôlée par une entité mais par un grand nombre d’acteurs. Une autre caractéristique du Bitcoin et de la plupart des autres monnaies virtuelles, est la limitation rigide du nombre d’unités qui peuvent être émises.

Le nombre grandissant de possesseurs et d’utilisateurs de cette monnaie remplit de facto au moins deux conditions essentielles d’une monnaie : l’acceptation par un grand nombre d’individus comme monnaie d’échange d’une part et comme « réserve de valeur » d’autre part.

La brutalité de sa hausse et ses corrections fréquentes rendent les décisions d’investissements très aléatoires. Toutefois, nous ne négligeons pas le potentiel d’une telle monnaie ni l’importance de la technologie qui l’accompagne et un environnement moins émotionnel offrirait des opportunités d’investissement.

 

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