Série 360
Nos conseils d’optimisation fiscale
Naviguer dans la fiscalité suisse peut s’avérer complexe, et une mauvaise compréhension peut alourdir votre impôt. Pour éviter ces écueils, découvrez nos 12 conseils pratiques pour optimiser votre fiscalité.
Conseil 1 : Investissez dans la formation continue
Les frais liés à la formation continue peuvent être déduits, dans certaines limites, tant au niveau fédéral que cantonal. Pour être admis, ces coûts doivent correspondre à des dépenses effectives directement liées à l’activité professionnelle. Selon l’art. 33, al. 1, let. j LIFD, ces frais sont déductibles jusqu’à CHF 12'000.– par an, à condition que le contribuable soit titulaire d’un diplôme du degré secondaire II ou qu’il ait atteint l’âge de 20 ans et suive une formation visant un diplôme autre qu’un premier diplôme du degré secondaire II. La majorité des cantons applique des règles similaires.
Conseil 2 : Déduisez vos frais de déplacement
Les frais engagés pour vos trajets entre votre domicile et votre lieu de travail sont considérés comme des frais professionnels et peuvent être déduits, pour autant qu’ils soient effectivement à votre charge. Au niveau fédéral, la déduction maximale est fixée à CHF 3'000.–. Les règles pouvant varier d’un canton à l’autre, nous vous recommandons de consulter les directives fiscales de votre canton pour déterminer le montant exact déductible.
Conseil 3 : Planifiez vos projets de rénovation
Jusqu’à l’entrée en vigueur de la réforme supprimant la valeur locative (au plus tôt en 2028), les travaux de rénovation peuvent offrir un levier intéressant pour optimiser votre fiscalité. Contrairement aux travaux à plus‑value, qui ne sont déductibles que dans le cadre de l’impôt sur le gain immobilier, les dépenses liées à l’entretien et à la rénovation peuvent être déduites du revenu imposable.
Chaque année, vous avez le choix entre :
-
une déduction forfaitaire :
-
10 % de la valeur locative si vous détenez le bien depuis 10 ans ou moins,
-
20 % de la valeur locative si vous le détenez depuis plus de 10 ans ;
-
-
ou la déduction des frais effectifs si ceux‑ci dépassent le montant du forfait.
En règle générale, c’est la date de la facture qui fait foi, bien que certains cantons retiennent la date de réalisation des travaux
Travaux énergétiques : des déductions supplémentaires
Selon l’ordonnance fédérale relative aux frais d’immeubles, les dépenses qui améliorent l’efficacité énergétique ou favorisent l’usage d’énergies renouvelables, par exemple : isolation de l’enveloppe du bâtiment, remplacement des fenêtres, installation d’une pompe à chaleur, etc., peuvent être déduites de l’impôt fédéral direct, à condition qu’elles soient financées par le propriétaire. Les montants couverts par des subventions publiques ne sont pas déductibles.
Démolition et reconstruction énergétique
Les coûts liés au démantèlement d’un bâtiment non assaini peuvent également être déduits de l'impôt fédéral, à condition qu’ils soient suivis d’une reconstruction plus performante sur le plan énergétique, remplissant le même usage que le bâtiment initial. Sont considérés comme frais de démantèlement déductibles : la démolition, le démontage, l’enlèvement et l’élimination des matériaux.
Depuis 2020, ces coûts peuvent être répartis sur trois périodes fiscales. Les cantons s’inspirent de la réglementation fédérale, mais leurs règles peuvent varier.
Suppression de la valeur locative : ce que cela va changer pour les propriétaires
Dès 2028 au plus tôt, les déductions pour frais d’entretien, de rénovation et d’économies d’énergie disparaîtront au niveau fédéral. Les cantons pourront toutefois maintenir certaines déductions ciblées, notamment en matière d’énergie, en fonction de leurs décisions locales. Les frais d’entretien des biens en location resteront, quant à eux, déductibles.
Dans ce contexte, si vous envisagez des rénovations majeures ou des améliorations énergétiques, il peut être fiscalement judicieux de les réaliser avant 2028, tant que les déductions actuellement en vigueur s’appliquent.

Conseil 4 : Cotisez à la prévoyance liée 3a
Si vous percevez un revenu soumis à l’AVS, vous pouvez effectuer chaque année des versements dans la prévoyance liée 3a. Le montant maximal déductible s’élève à CHF 7'258.– (2025) pour les contribuables affiliés à une caisse de pension. Pour les indépendants ou les personnes ne cotisant pas au 2ᵉ pilier (LPP), la déduction peut atteindre 20 % du revenu, jusqu’à un plafond de CHF 36'288.–.
Conseil 5 : Effectuez des rachats dans votre caisse de pension
Si votre affiliation à une caisse de pension a commencé tardivement, si vous avez passé plusieurs années à l’étranger, si vous avez rejoint un employeur offrant un plan LPP plus avantageux que le précédent, ou encore si votre salaire a connu une forte progression (promotion, changement d’employeur, etc.), il est probable que vous disposiez d’un potentiel de rachat dans votre caisse de pension.
La plupart des institutions de prévoyance indiquent le montant rachetable directement sur le certificat de prévoyance envoyé en début d’année. Les sommes versées dans le cadre d’un rachat sont entièrement déductibles du revenu imposable.
Planifiez vos rachats : un impératif fiscal
Les rachats doivent être planifiés avec soin, car ils entraînent un délai de blocage de trois ans durant lequel un retrait en capital n’est en principe pas autorisé. Si vous effectuez un rachat et que, dans les trois années suivantes, vous devez retirer tout ou partie de votre avoir en capital, vous devrez rembourser l’avantage fiscal obtenu, via une procédure de rappel d’impôts. Certaines caisses de pension peuvent, en plus, prévoir dans leur règlement que le montant racheté ne peut pas être retiré en capital avant la fin de ce délai, même en cas de départ à la retraite anticipée.
Cas particulier du divorce
En cas de divorce, un potentiel de rachat existe souvent puisque les avoirs de prévoyance sont répartis entre les conjoints. Cette division peut créer une lacune de prévoyance, rachetable et fiscalement déductible.
En règle générale, ce type de rachat n’est pas soumis au délai de blocage de trois ans. Toutefois, il reste essentiel de planifier tout retrait de capital avec prudence : dans certaines situations, l’administration fiscale peut considérer un retrait dans les trois ans comme abusif et exiger le remboursement de l’économie d’impôt accordée.
Conseil 6 : Se verser un dividende
Si vous êtes propriétaire de votre entreprise et détenez plus de 10 % du capital‑actions d’une SA ou des parts sociales d’une Sàrl, il peut être fiscalement avantageux de vous rémunérer en partie sous forme de dividendes.
Au niveau fédéral, seuls 70 % du dividende distribué sont considérés comme du revenu imposable. Les cantons peuvent appliquer un abattement pouvant aller jusqu’à 50 %, ce qui renforce encore l’avantage fiscal. De plus, les dividendes ne sont pas soumis aux charges sociales, contrairement au salaire.
Veillez à un salaire conforme pour éviter une requalification
Pour éviter que les autorités fiscales ne requalifient le dividende en revenu salarial, il est essentiel que la rémunération fixe versée (salaire) soit appropriée et conforme aux usages du marché : secteur d’activité, niveau de responsabilité, taille de l’entreprise, etc. Si cette exigence n’est pas respectée, ou si le dividende dépasse 10 % de la valeur fiscale de l’entreprise, vous encourez un risque de requalification en revenu, ce qui entraînerait un redressement fiscal et des charges sociales supplémentaires.
Chaque situation étant unique, nous vous recommandons vivement de consulter l’un de nos spécialistes pour analyser votre structure de rémunération et déterminer la stratégie optimale entre salaire et dividende.
Besoin d'y voir plus clair ?
À partir d’un simple échange téléphonique, nous construisons avec vous une stratégie d’optimisation fiscale adaptée à votre situation.
Conseil 7 : Échelonnez le retrait de vos capitaux de prévoyance
À l’approche de la retraite, il peut être judicieux de répartir les retraits de votre capital de prévoyance (caisse de pension, avoirs de libre passage et pilier 3a) sur plusieurs années. Cette stratégie permet souvent de réduire considérablement la charge fiscale liée à ces versements.
En effet, l’administration fiscale additionne tous les retraits effectués au cours d’une même année, y compris ceux de votre conjoint, pour déterminer l’impôt dû. Plus le montant total retiré est élevé, plus le taux d’imposition appliqué augmente. En échelonnant vos retraits sur différentes années fiscales, vous évitez l’effet de cumul et bénéficiez d’un taux d’imposition plus favorable, ce qui peut se traduire par des économies significatives.
Conseil 8 : Optez pour le retrait du capital de votre caisse de pension
Au moment de la retraite, les assurés peuvent choisir de percevoir leur avoir de caisse de pension sous forme de rente ou sous forme de capital. Ces deux options n’ont pas le même impact fiscal.
La rente est imposée à 100 % comme un revenu, chaque année, tout au long de la retraite. À l’inverse, le capital bénéficie d’une imposition privilégiée au moment du versement, généralement à un taux réduit et séparé du reste des revenus. Une fois perçu, ce capital est intégré à votre fortune imposable et soumis à l’impôt sur la fortune. Seuls les intérêts et dividendes générés par ce capital sont ensuite considérés comme des revenus imposables.
D'un point de vue strictement fiscal, choisir le retrait en capital est souvent plus avantageux qu’opter pour une rente, notamment grâce à ce régime d’imposition séparée et allégée lors du versement.
Conseil 9 : Optez pour une retraite partielle
Depuis la réforme AVS entrée en vigueur en 2024, de nouvelles possibilités de retraite partielle ont été introduites, tant pour l’AVS que pour la LPP. Désormais, les institutions de prévoyance peuvent autoriser jusqu’à trois étapes de retraite lorsqu’un retrait en capital est envisagé (art. 13a LPP). Cette harmonisation permet d’aligner le traitement fiscal des retraits échelonnés entre les cantons.
Étant donné que l’imposition des prestations en capital vieillesse (pilier 3a, libre passage, caisse de pension) est progressive, réduire progressivement son taux d’activité peut être fiscalement avantageux. Le premier retrait partiel doit représenter au moins 20 % de la prestation de vieillesse et être proportionnel à la diminution du taux d’activité ; certaines caisses peuvent toutefois accepter un seuil inférieur selon leur règlement.
Les pratiques cantonales concernant le délai minimal entre chaque étape ne sont pas uniformes en Suisse romande : certains cantons tolèrent des intervalles inférieurs à une année, à condition qu’il n’y ait pas d’intention d’évasion fiscale. Par prudence, il est toutefois recommandé de prévoir un intervalle d’une année complète entre chaque étape.

Conseil 10 : Préparez votre succession
Dans la majorité des cantons suisses, les enfants sont exonérés d’impôt sur les successions et les donations. Cependant, certains cantons appliquent des limites spécifiques :
-
Vaud n'exonère les donations que jusqu'à CHF 50'000.-
- Neuchâtel n'accorde une exonération que jusqu'à CHF 10'000.-
Il est donc essentiel de planifier vos donations de votre vivant, en tenant compte de ces seuils pour éviter une charge fiscale inutile.
Pour les couples non mariés, le mariage peut représenter une solution efficace afin d’éviter une imposition successorale lourde, car les concubins sont souvent taxés comme des personnes sans lien de parenté, avec des taux nettement plus élevés.
Par ailleurs, changer de canton peut également offrir des avantages, certains cantons appliquant une fiscalité successorale nettement plus favorable.
Conseil 11 : Investissez votre épargne de manière fiscalement efficiente
En fonction de votre profil de risque, il est possible d’optimiser la fiscalité de vos placements. Par exemple, investir dans un fonds immobilier détenant directement les immeubles permet de réduire votre charge fiscale : dans ce cas, c’est en effet le fonds lui‑même qui s’acquitte de l’impôt sur le revenu et sur la fortune lié aux biens détenus, et non l’investisseur. Les produits structurés, tels que les Barrier Reverse Convertibles, offrent également un avantage fiscal : seule une fraction du revenu versé est considérée comme un gain imposable, ce qui permet de diminuer l’imposition globale sur ce type d’investissement.
Conseil 12 : Faites un don à une organisation d’utilité publique
Si vous disposez des moyens nécessaires et souhaitez transmettre une partie de votre patrimoine, effectuer un don de votre vivant à une organisation reconnue d’utilité publique peut constituer une stratégie fiscale intéressante. En effet, ces dons sont déductibles du revenu imposable, dans la limite de 20 % de celui‑ci.
En adoptant une approche proactive et en planifiant soigneusement vos finances, vous pouvez ainsi maximiser vos déductions, réduire votre facture fiscale et renforcer votre situation financière globale. Faire appel à un spécialiste peut vous aider à définir la stratégie la plus avantageuse. Une autre démarche efficace consiste à réaliser un bilan patrimonial, qui permet d’optimiser l’ensemble de vos ressources, de réduire durablement votre charge fiscale et d’assurer une meilleure protection de votre patrimoine.
Demandez votre bilan patrimonial
Ensemble, nous élaborons un plan d’actions structuré, fondé sur des recommandations précises. À partir d’un simple rendez-vous, nous réalisons pour vous un bilan patrimonial sur mesure, abordant l’ensemble des dimensions essentielles à la réalisation de vos projets. Nous nous engageons à vous transmettre votre bilan patrimonial, gracieusement, dans les meilleurs délais.
Rédacteur
José, économiste de formation, débute sa carrière chez PWC dans le département Audit avant d'occuper des postes de manager dans diverses banques. En 2012, il obtient le brevet de conseiller financier pour devenir planificateur financier à la Baloise, puis se spécialise dans la fiscalité des PME, obtenant un CAS en 2021. Il suit actuellement un CAS en fusion, transmission et acquisition d'entreprises, il est expert pour le brevet fédéral de conseiller financier et enseignant chez Kalaidos Banking+Finance School. José rejoint en décembre 2023 Piguet Galland & Cie SA au sein du département des spécialistes de solutions patrimoniales.
Les 3 leviers d'optimisation de votre patrimoine
-
Prévoyance
Combler les lacunes de prévoyance pour réaliser une économie d’impôts.
-
Crédit
Calculer le niveau d’endettement optimal pour réduire l’impact fiscal.
-
Fiscalité
Définir votre taux marginal d’imposition afin de planifier votre stratégie.
Le bilan patrimonial, l'outil idéal pour faire le point sur votre situation financière et fiscale
-
Dans un environnement où les prestataires se multiplient, il peut être difficile de garder une vision globale. Avec un bilan patrimonial, vous bénéficiez d’une analyse claire et consolidée de votre situation financière.
-
Ce bilan prend toute sa valeur lorsqu’il se transforme en actions qui vous rapprochent de vos projets de vie. C’est pour cela que nous vous remettons, en fin d’analyse, des recommandations claires et personnalisées.
-
À partir de ce bilan synthétique, nous pouvons déjà mettre en lumière plusieurs recommandations pertinentes. Nos clients bénéficient ensuite d’une approche globale, alliant planification et structuration complète de leur patrimoine.
La série "Fiscalité"
Piguet Galland a développé la série 360 afin de vous offrir l'ensemble des informations essentielles pour concrétiser vos projets. Cette série 360 vous guidera à travers les enjeux fiscaux en Suisse et vous apportera des conseils concrets pour optimiser efficacement votre charge fiscale.
-
Episode #1
Les rouages fiscaux suisses
Découvrez la structure du système fiscal suisse.
-
Episode #2
Le calcul des impôts sur le revenu et la fortune
Un éclairage simple pour distinguer les différents impôts et mieux comprendre leur fonctionnement.
-
Episode #3
Nos conseils d’optimisation
Explorez les leviers qui vous permettront d’optimiser vos impôts et de maîtriser votre facture fiscale.