Le franc suisse, nouvelle devise du carry trade ?
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AGEFI
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Daniel Varela Chief Investment Officer
Quand le franc suisse prend le relais du yen
Dans une tribune publiée dans L'Agefi, Daniel Varela, Chief Investment Officer chez Piguet Galland, met en lumière une évolution observée sur les marchés des changes : le franc suisse semble progressivement remplacer le yen comme devise privilégiée dans certaines stratégies de carry trade.
Le carry trade consiste à emprunter dans une devise offrant un faible coût de financement afin d'investir dans des actifs plus rémunérateurs. Avec un taux directeur de la Banque nationale suisse (BNS) fixé à 0 %, le franc suisse est redevenu particulièrement attractif pour ce type d'opération.
Une attractivité renforcée par l'évolution du yen
Selon Daniel Varela, plusieurs éléments contribuent à cette évolution. La volatilité plus élevée du yen ainsi que le risque d'intervention des autorités japonaises incitent certains investisseurs à rechercher d'autres devises de financement. Dans ce contexte, le franc suisse apparaît comme une alternative crédible.
Cette dynamique se reflète dans le positionnement des investisseurs internationaux. Les données de la CFTC (agence de régulation des marchés de dérivés) montrent une progression des positions vendeuses sur le franc suisse tandis que les positions vendeuses sur le yen ont tendance à diminuer.
Pourquoi le franc suisse s'affaiblit-il ?
Les investisseurs qui utilisent ces stratégies empruntent des francs suisses, les convertissent en devises offrant des rendements plus élevés puis investissent ces capitaux sur d'autres marchés. Ces mouvements contribuent à exercer une pression baissière sur la devise helvétique.
Pour Daniel Varela, cette situation pourrait expliquer en partie un phénomène observé ces derniers mois : malgré un environnement géopolitique toujours incertain, le franc suisse s'est déprécié. Cette évolution ne reflète pas nécessairement une détérioration des fondamentaux économiques du pays, mais pourrait être amplifiée par ces flux financiers.
Le paradoxe de la politique monétaire suisse
L'analyse soulève également une question importante pour les investisseurs. En maintenant son taux directeur à 0 %, la BNS contribue indirectement à renforcer l'attractivité du franc comme devise de financement.
Cette situation crée un paradoxe : une monnaie historiquement associée à son statut de valeur refuge pourrait désormais être utilisée de plus en plus largement dans des stratégies de carry trade internationales.
Retrouvez l'analyse complète de Daniel Varela dans L'Agefi
Auteurs
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Diplômé de l’Université de Genève en gestion d’entreprises, avec une spécialisation en finance, Daniel Varela débute sa carrière en 1989 en tant que gérant obligataire. Il rejoint la Banque Piguet & Cie en 1999 comme Responsable de la gestion institutionnelle, tout en dirigeant l’analyse et la gestion obligataire de la Banque. En 2011, il prend la tête de la stratégie d’investissement et du département des investissements de Piguet Galland. En janvier 2012, il rejoint le Comité de Direction en tant que Chief Investment Officer.