Point sur les marchés 17 Août 2026
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Daniel Steck Responsable Recherche Actions
La Chine mise sur la bourse pour financer ses futurs champions
La Chine accélère son recours aux marchés financiers pour soutenir le développement de ses entreprises stratégiques. Longtemps financés par des aides publiques, les secteurs jugés prioritaires, comme les semi-conducteurs ou la robotique, bénéficient aujourd'hui d'un accès facilité aux introductions en bourse. L'objectif est clair : mobiliser l'immense épargne domestique pour financer l'innovation et renforcer l'autonomie technologique du pays.
Cette évolution s'est illustrée avec l'introduction en bourse de CXMT, fabricant chinois de puces mémoire. L'opération a suscité un engouement spectaculaire, le titre s'envolant de plusieurs centaines de pourcents dès ses premiers jours de cotation. Le prochain grand événement devrait être l'arrivée en bourse d'Unitree, spécialiste des robots humanoïdes. L'engouement des investisseurs est déjà exceptionnel : la tranche réservée aux investisseurs particuliers serait déjà sursouscrite à plus de 5'500 fois.
Si la Chine cherche à s’inspirer du modèle américain de financement de l’innovation par les marchés, nous restons attentifs aux niveaux de valorisation, parfois déconnectés des fondamentaux économiques.
Etats-Unis : risque de turbulences
Ces dernières semaines ont été particulièrement porteuses pour les bourses, notamment américaines. Le début d’été a été marqué par des craintes de resserrement de la politique monétaire de la Fed et des doutes sur les réels impacts de l’Intelligence Artificielle sur l’économie. L’enlisement du conflit au Moyen-Orient, la volatilité des prix de l’énergie et ses répercussions sur le pouvoir d’achat des ménages semblaient saper l’enthousiasme des investisseurs.
La saison de publication des résultats du deuxième trimestre a en grande partie balayé ces inquiétudes. Et l’on ne peut que constater l’exceptionnelle résilience de la conjoncture aux Etats-Unis. L’immense majorité des entreprises du S&P 500, plus de 90% pour être exact, a battu les anticipations des analystes, et ce, très largement. La solidité des résultats est générale et tous les secteurs semblent profiter d’une économie robuste et d’une amélioration de la productivité stimulée par le déploiement des outils IA.
A la suite de ces publications, les estimations de croissance pour l’année en cours ont été largement revues à la hausse. En 2026, les bénéfices devraient progresser de plus de 30 % aux Etats-Unis. Si ce chiffre est impressionnant, il y a fort à parier qu’il soit encore révisé positivement durant les prochains mois.
Dans ce contexte, les tergiversations de Kevin Warsh semblent secondaires. Avec une telle dynamique de croissance, une ou deux hausses ponctuelles des taux directeurs de la Réserve fédérale serait facilement digérée par les bourses. La contraction des multiples de valorisation qui accompagne traditionnellement les ajustements haussiers des taux d’intérêt s’est déjà matérialisé et est passé complètement inaperçue pour les investisseurs. Une contraction des PE de 15 %, compensée par une croissance de plus de 44 % au second trimestre.
Les indices peuvent-ils donc continuer de progresser à ce rythme d’ici la fin de l’année ? Si nous anticipons de nouveaux records dans les prochains mois, nous voulons également mettre en avant un risque important de hausse de la volatilité à moyen terme. Les indices de sentiment pointent vers un début de complaisance chez l’investisseur. Complaisance tout d’abord à l’égard du conflit au Moyen-Orient qui n’est pas résolu et qui va continuer à pénaliser le pouvoir d’achat du consommateur. Complaisance également alors que l’échéance des élections de mi-mandat approche. Une période propice à une correction temporaire des bourses. Notons enfin que durant les dix derniers exercices, le mois de septembre était en moyenne le plus mauvais de l’année.
Si les perspectives restent résolument bonnes pour la conjoncture américaine, nous recommandons la patience aux investisseurs qui désireraient augmenter leur exposition à la région. Des points d’entrée plus attractifs pourraient être atteints durant les prochaines semaines.
Chiffre de la semaine : 15 %
La croissance des bénéfices en Europe atteint 15 % année sur année au premier semestre, marquant la meilleure saison de résultats depuis trois ans. Au-delà de la forte contribution des matières premières, la dynamique est généralisée, portée par l’amélioration des marges, la rentabilité des banques, les rachats d’actions et les grands thèmes d’investissement structurels, notamment l’IA et l’électrification.
Auteur
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Daniel Steck bénéficie de près de vingt‑cinq ans d’expérience dans le domaine de la finance. Après une première expérience en analyse financière chez Lombard Odier, notamment sur le secteur de la santé, il poursuit sa carrière chez Reyl & Cie en tant qu’analyste puis gérant de portefeuille. Il rejoint Piguet Galland en 2018 comme gestionnaire senior, où il est responsable de la gestion des fonds actions et des certificats thématiques investis en Suisse et en Amérique du Nord.