Le franc suisse sous pression : l'analyse de Daniel Varela dans la Tribune de Genève
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Daniel Varela Chief Investment Officer
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Tribune De Genève
Un contexte monétaire en pleine évolution
Alors que les banques centrales ajustent progressivement leur politique monétaire et que les tensions géopolitiques montrent des signes d'apaisement, les investisseurs s'interrogent sur l'évolution des principales devises.
Dans ce contexte, le franc suisse, longtemps soutenu par son statut de valeur refuge, semble perdre une partie de son élan.
Décryptage de Daniel Varela, Chief Investment Officer chez Piguet Galland, dans la Tribune de Genève.
Pourquoi le franc suisse pourrait poursuivre son recul
Selon Daniel Varela, la décision de la Banque nationale suisse de maintenir ses taux à zéro continue de peser sur la devise helvétique.
« Maintenir les taux à zéro a favorisé ce mouvement, alors que les autres banques centrales deviennent plus prudentes sur l'inflation. [...] L'argent en Suisse n'étant pas rémunéré, contrairement aux avoirs en euros et dollars, et le contexte géopolitique se calmant, le franc devrait encore se déprécier. »
Dans ce contexte, il anticipe un renforcement de l'euro et du dollar face au franc suisse au cours des prochains mois.
Immobilier : pas de risque de correction brutale à l'horizon
Interrogé sur la possibilité d'un retournement du marché immobilier suisse, Daniel Varela se montre rassurant. Malgré des prix élevés et des années de hausse, les fondamentaux du marché restent solides.
« Les indicateurs suisses n'indiquent pas de bulle imminente. »
Il souligne notamment le manque de logements disponibles, un taux de vacance particulièrement faible et des contraintes persistantes sur la construction de nouveaux biens.
« On ne bâtit pas assez en Suisse et construire davantage sera difficile. [...] Difficile d'imaginer une forte baisse de l'immobilier, même si les taux devaient monter. »
Une économie suisse résiliente malgré les difficultés européennes
Si l'environnement économique reste incertain, Daniel Varela conserve une vision relativement constructive pour la Suisse.
« La croissance résiste bien. Je m’attends à une progression du PIB de 1% cette année. »
L'Europe demeure toutefois un facteur de vigilance, notamment en raison des difficultés persistantes de l'industrie allemande.
« Elle souffre depuis la guerre en Ukraine (fin du gaz russe bon marché) et de la concurrence asiatique, notamment chinoise. »
Intelligence artificielle : des fondamentaux solides
Si l'engouement autour de l'intelligence artificielle alimente la crainte des marchés, Daniel Varela estime que la situation diffère de celle de la bulle internet des années 2000.
« Aujourd’hui, les valorisations boursières des sociétés sont très inférieures à celles de la fin des années 90. Le marché actuel est porté par des champions de la technologie (...) très rentables et relativement peu endettés. »
Selon lui, malgré l'enthousiasme des investisseurs, « il est probablement trop tôt pour s'inquiéter de l'éclatement d'une bulle ».
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Auteurs
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Diplômé de l’Université de Genève en gestion d’entreprises, avec une spécialisation en finance, Daniel Varela débute sa carrière en 1989 en tant que gérant obligataire. Il rejoint la Banque Piguet & Cie en 1999 comme Responsable de la gestion institutionnelle, tout en dirigeant l’analyse et la gestion obligataire de la Banque. En 2011, il prend la tête de la stratégie d’investissement et du département des investissements de Piguet Galland. En janvier 2012, il rejoint le Comité de Direction en tant que Chief Investment Officer.
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