La résilience économique à l’épreuve des taux longs
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Daniel Varela Chief Investment Officer
L’économie mondiale continue de faire preuve d’une résilience remarquable malgré une nouvelle détérioration du contexte géopolitique. Aux États-Unis, la croissance résiste et semble même accélérer, notamment grâce aux investissements des entreprises dans les infrastructures informatiques et l’intelligence artificielle. Mais le durcissement des politiques monétaires et la progression des rendements obligataires créent un environnement plus exigeant pour les marchés financiers.
Une économie mondiale qui reste robuste
La conjoncture mondiale demeure étonnamment robuste au regard des tensions géopolitiques qui continuent de s’intensifier. Cette résistance est particulièrement visible aux États-Unis, où la plupart des indicateurs témoignent d’une activité économique qui reste robuste, voire qui accélère.
Pour l’heure, les craintes d’un net ralentissement ne se matérialisent donc pas, et la croissance américaine conserve une dynamique favorable. Son expansion repose toutefois de plus en plus sur les investissements des entreprises.
Les dépenses consacrées aux infrastructures informatiques, aux centres de données et au déploiement de l’intelligence artificielle constituent désormais l’un des principaux moteurs de la conjoncture. L’ampleur des investissements soutient la croissance à court terme et pourrait aussi contribuer à une progression durable des gains de productivité de l’économie américaine.
Les tensions énergétiques alimentent toujours les risques inflationnistes
La résilience observée s’inscrit néanmoins dans un environnement énergétique toujours tendu. Le blocage du détroit d’Ormuz et le niveau élevé des prix des produits raffinés entretiennent les risques inflationnistes.
Face à cette situation, les grandes banques centrales ont été contraintes de resserrer leur politique monétaire afin de prévenir un nouveau dérapage de l’inflation et de préserver leur crédibilité.
Ce changement de cap a accentué la pression sur les marchés obligataires. Partout dans le monde, les rendements ont poursuivi leur remontée, au point
d’atteindre, dans plusieurs pays, des sommets inédits depuis plus de deux décennies.
Une forte hausse des rendements obligataires
Cette évolution est particulièrement visible aux États-Unis, où le rendement des obligations d’État américaines à dix ans dépasse désormais les 5 %.
La remontée des taux obligataires constitue un changement majeur dans l’environnement de marché. Elle intervient alors même que l’économie américaine continue de démontrer sa résilience et que les pressions inflationnistes demeurent présentes.
Une pression croissante sur les marchés actions
La hausse des taux longs représente cependant un risque croissant pour les marchés boursiers, plusieurs indices flirtant avec leurs records historiques.
Si cette tension devait se prolonger, l’augmentation du coût du capital et la concurrence accrue des placements obligataires pourraient peser sur les valorisations.
Après la solide performance enregistrée par les actions, le rapport entre risque et rendement attendu nous paraît ainsi moins favorable.
Un environnement qui appelle à davantage de prudence
L’environnement actuel reflète ainsi deux dynamiques distinctes. D’un côté, l’économie mondiale continue de faire preuve de résilience, portée notamment par la vigueur de l’activité américaine et les investissements des entreprises. De l’autre, les tensions sur les marchés de l’énergie et les risques inflationnistes contribuent au durcissement des politiques monétaires et à la hausse des taux d’intérêt à long terme.
Les rendements obligataires plus élevés constituent désormais une caractéristique importante de l’environnement de marché et exercent une pression croissante sur les actifs risqués.
Dans ce contexte, la résilience de l’économie mondiale fait face à un nouveau
test : la perspective de taux d’intérêt à long terme durablement plus élevés.
Auteur
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Diplômé de l’Université de Genève en gestion d’entreprises, avec une spécialisation en finance, Daniel Varela débute sa carrière en 1989 en tant que gérant obligataire. Il rejoint la Banque Piguet & Cie en 1999 comme Responsable de la gestion institutionnelle, tout en dirigeant l’analyse et la gestion obligataire de la Banque. En 2011, il prend la tête de la stratégie d’investissement et du département des investissements de Piguet Galland. En janvier 2012, il rejoint le Comité de Direction en tant que Chief Investment Officer.