Point sur les marchés 6 juillet 2026
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Daniel Varela Chief Investment Officer
Le Vieux-Continent retrouve des vents porteurs
L’EuroStoxx 50 a inscrit cette semaine un nouveau sommet historique, signe du retour de l’intérêt des investisseurs pour l’Europe. L’apaisement des tensions internationales et le déploiement des plans de relance renforcent notre conviction que le Vieux-Continent devrait renouer avec la dynamique favorable observée en début d’année.
Malgré la guerre en Iran, l’économie européenne a fait preuve d’une résilience surprenante. Les indicateurs avancés, notamment dans l’industrie, se sont rapidement stabilisés, le choc énergétique étant resté limité grâce au reflux rapide des prix du pétrole et à un marché du gaz peu perturbé. La reprise devrait avant tout être portée par l’investissement, soutenu par le plan de relance allemand et les fonds Next Generation EU.
Sur les marchés, les valorisations se situent légèrement au-dessus de leur moyenne historique, ce qui limite le potentiel d’expansion des multiples. La progression des actions devra donc davantage reposer sur la croissance des bénéfices, attendue à plus de 12 % cette année. Cette prévision nous paraît raisonnable au regard des rachats d’actions, de la contribution des grandes capitalisations et d’un effet de base favorable après une année 2025 en demi-teinte. Dans ce contexte, nous avons renforcé notre exposition aux actions
européennes.
Le scénario central retrouve sa crédibilité
L'apaisement des tensions au Moyen-Orient modifie sensiblement l'environnement d'investissement. L'ouverture d'un dialogue entre Téhéran et
Washington, conjuguée à la réouverture du détroit d'Ormuz, réduit le risque d'une perturbation durable des approvisionnements énergétiques. Les marchés
peuvent ainsi se recentrer sur les fondamentaux économiques, ce qui nous conduit il y a quelques semaines à rétablir une allocation plus favorable aux
actions.
Dernièrement, le contexte macrofinancier s'est nettement amélioré. Les avancées diplomatiques entre l'Iran et les États-Unis ont fait reculer un risque
géopolitique qui pesait lourdement sur le sentiment des investisseurs. Dans le même temps, la normalisation du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz a contribué à la détente des prix du pétrole, écartant le scénario d'un choc énergétique prolongé.
Cette évolution constitue un élément déterminant pour les perspectives économiques mondiales. Le risque de voir coexister une forte accélération de
l'inflation et un ralentissement marqué de la croissance s'est sensiblement réduit. Dès lors, les investisseurs retrouvent une meilleure visibilité sur des fondamentaux qui restent globalement solides dans les principales économies.
Ce contexte nous rapproche du scénario que nous retenions en début d'année. Certes, les banques centrales demeurent plus vigilantes face aux pressions inflationnistes qu'anticipé. La Réserve fédérale américaine et la Banque centrale
européenne conservent un discours prudent, mais cette posture ne remet pas en cause, selon nous, les perspectives favorables des actifs risqués à moyen
terme.
Nous avons donc récemment décidé de revenir progressivement à notre allocation stratégique en actions. Le renforcement a concerné en priorité les
marchés qui avaient le plus souffert des craintes liées à l'énergie, notamment l'Europe et l'Asie, dont les perspectives bénéficient désormais de la baisse des
prix du pétrole.
Par ailleurs, nous réduisons une partie des couvertures mises en place sur le dollar américain. Le billet vert retrouve des facteurs de soutien plus durables, renforcés par les récentes prises de position du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, en faveur de l'indépendance de l'institution et de la maîtrise de l'inflation. Dans ce contexte, son potentiel d'appréciation apparaît plus favorable qu'au cours des derniers mois.
Notre allocation reflète ainsi la conviction que les risques extrêmes liés à un choc énergétique s'atténuent progressivement. Malgré des incertitudes qui subsistent, le retour vers un environnement économique plus normal justifie, selon nous, une exposition plus importante aux actifs risqués.
Chiffre de la semaine : -14 %
L’indice SOX des semiconducteurs a fortement corrigé depuis les récents plus
hauts, une baisse qui pourrait se poursuivre tant l’exagération à la hausse était importante. Dans le même temps, le Dow Jones atteint un nouveau record, signe d’un retour d’intérêt pour les valeurs traditionnelles.
Auteur
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Diplômé de l’Université de Genève en gestion d’entreprises, avec une spécialisation en finance, Daniel Varela débute sa carrière en 1989 en tant que gérant obligataire. Il rejoint la Banque Piguet & Cie en 1999 comme Responsable de la gestion institutionnelle, tout en dirigeant l’analyse et la gestion obligataire de la Banque. En 2011, il prend la tête de la stratégie d’investissement et du département des investissements de Piguet Galland. En janvier 2012, il rejoint le Comité de Direction en tant que Chief Investment Officer.