Point sur les marchés 2 février 2026
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Daniel Varela Chief Investment Officer
Or : volatilité à court terme, mais notre confiance reste intacte
Après une envolée de près de 13 % en une semaine, l’or a subi un repli de plus de 1'000 dollars, témoignant d’une volatilité spectaculaire. Ce mouvement a été accentué par la frénésie sur l’argent, dont le cours a chuté de plus de 40 % en trois jours. Au milieu de la semaine passée, l’optimisme sur les métaux précieux était clairement devenu irrationnel et la correction inévitable.
Pour l’or, nous restons toutefois confiants à moyen terme : les fondamentaux demeurent solides et, depuis deux ans, le métal alterne des phases de hausse et de consolidation d’environ quatre mois. La progression entamée en janvier ressemble à la fin de la phase haussière précédente. Nous anticipons une consolidation au dessus de 4'500 $/once dans les prochains mois; toute baisse supplémentaire constituerait selon nous une opportunité d’achat.
Sur l’argent, l’exagération a été plus marquée et les fondamentaux, bien que porteurs, sont moins solides. Nous privilégions donc une attitude prudente sur cet actif.
Un billet vert fragilisé
Le dollar a récemment cassé des niveaux techniques importants, tant sur l’indice large (DXY) que face aux principales devises que sont le franc suisse, l’euro et la livre sterling. Cette rupture de support marque une nouvelle étape dans la phase de fragilisation du billet vert observée depuis plusieurs mois et confirme la pertinence d’une approche plus prudente à l’égard de l’exposition au dollar dans les portefeuilles.
Dans ce contexte, nous avons décidé de réduire une nouvelle fois le poids du dollar dans l’ensemble des grilles de placement libellées en CHF, EUR et GBP. L’exposition au billet vert est ainsi ramenée à 9 %, soit une baisse de 3 %. Cette décision de sous-pondération importante de la devise américaine repose avant tout sur une logique de gestion du risque. À ce stade, le dollar conserve un potentiel de baisse additionnel, notamment en raison de divergences persistantes de politiques monétaires. La Réserve fédérale américaine est engagée dans un cycle de baisse des taux, tandis que plusieurs banques centrales européennes approchent de la fin de leur phase de détente monétaire, réduisant progressivement l’avantage de rendement du dollar.
Par ailleurs, l’attitude de l’administration américaine actuelle demeure globalement accommodante face à la faiblesse du billet vert. Certaines déclarations récentes de Donald Trump ont même pu être interprétées comme un signal tacite en faveur d’une dépréciation du dollar, celle-ci étant perçue comme un levier de soutien à la compétitivité de l’industrie américaine.
Il est important de souligner que cette nouvelle réduction de l’exposition au dollar représente avant tout une mesure tactique visant à contrôler la volatilité et à limiter les risques de change à court et moyen terme. Si les risques identifiés ne devaient pas se matérialiser, ou si l’environnement macroéconomique et monétaire évoluait plus favorablement, une ré-augmentation de l’exposition au dollar resterait parfaitement envisageable.
D’ailleurs, depuis la mise en œuvre de notre décision, le dollar a connu un léger rebond. Celui-ci s’explique en partie par l’annonce de la nomination par Donald Trump de Kevin Warsh au poste de prochain président de la Réserve fédérale américaine. Les prises de parole et les interventions récentes de ce dernier ont contribué à rassurer les investisseurs quant à la crédibilité et à l’orientation future de la politique monétaire américaine.
Enfin, les ajustements opérés sur le marché des changes ne se limitent pas au dollar. Le franc suisse semble entrer dans une nouvelle phase haussière et a atteint un nouveau point haut face à l’euro. En conséquence, nous avons également réduit le poids de l’euro à 3 % (-2 %) dans les grilles libellées en CHF. Nous surveillerons la réaction de la Banque nationale suisse dans les prochaines semaines. Des interventions ciblées de sa part sur le marché des changes sont attendues afin de contenir la force du franc dans un contexte géopolitique qui renforce le rôle de valeur refuge de la monnaie helvétique.
L’ensemble de ces ajustements est mis en œuvre principalement par le biais d’un renforcement des couvertures de change.
Chiffre de la semaine : 10 %
Jusqu’à présent, 165 sociétés du S&P 500 ont publié leurs résultats. Les bénéfices affichés dépassent de près de 10 % les attentes du consensus des analystes. Cette dynamique positive est un soutien solide pour les bourses américaines, richement valorisées. Cette semaine, ce sont 120 entreprises qui vont communiquer leurs chiffres.
Auteur
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Diplômé de l'Université de Genève en Gestion d'entreprises, option Finance, Daniel Varela a débuté sa carrière en 1989 en tant que gérant obligataire. Il rejoint la Banque Piguet & Cie en 1999 en tant que Responsable de la gestion institutionnelle également en charge de l'analyse et de la gestion obligataire de la Banque. En 2011, il est devenu Responsable de la stratégie d'investissement et du département des investissements de Piguet Galland. Il a rejoint le Comité de Direction de Piguet Galland en janvier 2012 en tant que Chief Investment Officer.