Stratégie d’investissement 4ème trimestre 2017

La révolution digitale et le boom des nouvelles technologies touchent pratiquement tous les secteurs de l’économie. En réduisant considérablement les pressions inflationnistes, ils permettent aux banques centrales d’opter pour une normalisation très progressive de leur politique monétaire, ce qui profite toujours aux marchés actions.

 

La croissance profite des changements structurels sur l'inflation

Comme le seigneur de La Palice aurait très bien pu l’affirmer en d’autres temps, chaque trimestre qui passe nous rapproche un peu plus de la fin du cycle conjoncturel en cours. Sauf que dans le cas présent, le dénouement n’est pas encore en vue, bien qu’il s’agisse d’un des plus longs cycles observés dans l’histoire économique récente. Cette longévité s’explique entre autres par le fait que la croissance n’a jamais accéléré au point de faire craindre la surchauffe. D’ailleurs, à la surprise générale, l’inflation reste extrêmement basse, aussi bien dans le monde industrialisé que dans les pays émergents, habituellement prompts à enregistrer des pressions inflationnistes dès le retour de la croissance. Cette inertie de l’inflation est sans doute largement due aux développements structurels observables à travers le monde. On pense notamment à la digitalisation, telle qu’illustrée par l’essor du commerce en ligne, ainsi qu’à l’automatisation et à la robotisation galopante de l’économie.

Pour l’instant, l’absence de renchérissement permet aux banques centrales d’envisager sereinement la fin de leurs politiques ultra-accommodantes. 2018 devrait néanmoins marquer un tournant, avec l’abandon progressif du programme de rachat d’actifs de la Banque centrale européenne (BCE) et le début de la réduction du bilan de la Réserve fédérale américaine (Fed). Nul besoin d’un rapide resserrement monétaire, à moins que la hausse des salaires ne s’accélère et menace de se propager dans l’économie. Le contexte demeure favorable à ce stade : les taux restent bas à l’échelle mondiale et, pour la première fois depuis la crise de 2008, toutes les zones contribuent à la croissance.

S’il ne fait pas de doute que le cycle boursier est entré dans sa phase mature – traditionnellement plus volatile –, les actions conservent néanmoins un certain potentiel, notamment au sein de la zone euro et au Japon. Ces marchés boursiers affichent en effet beaucoup de retard, et leurs valorisations présentent encore des niveaux raisonnables. Un rattrapage semble également en cours du côté des actions émergentes, après une sous-performance de plusieurs années liée à la vigueur excessive du dollar et aux craintes relatives à l’économie chinoise. La plupart des actifs financiers issus des pays émergents pourraient profiter à présent d’un essoufflement du billet vert. C’est pourquoi nous recommandons d’investir dans la dette émergente libellée en monnaies locales : les rendements offerts sont attractifs et les devises émergentes ont commencé à se redresser. Dans nos grilles d’investissement, cette diversification se fait avant tout aux dépens des obligations à haut rendement américaines, dont le potentiel s’est nettement réduit. Pour autant, nous ne diminuons pas le poids du dollar dans les portefeuilles, car la devise a sans doute baissé trop rapidement face à l’euro et au franc et pourrait donc connaître bientôt un rebond temporaire.

 

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