Point sur les marchés – 6 novembre 2017

Point sur les marchés 6 novembre 2017

Un changement dans la continuité

Le projet de réforme fiscale aux Etats-Unis vise $1.5 ma sur dix ans, un taux d’impôts de 20% pour les sociétés, de 12% sur le cash rapatrié de l’étranger, ainsi que des baisses pour les particuliers. Le projet doit être validé par la Chambre dans les prochaines semaines et par le Sénat au plus tôt d’ici la fin de l’année.Le projet de réforme fiscale aux Etats-Unis vise $1.5 ma sur dix ans, un taux d’impôts de 20% pour les sociétés, de 12% sur le cash rapatrié de l’étranger, ainsi que des baisses pour les particuliers. Le projet doit être validé par la Chambre dans les prochaines semaines et par le Sénat au plus tôt d’ici la fin de l’année.

Pour la première fois depuis dix ans, la Banque d’Angleterre a augmenté ses taux de 0,25% pour tenter de contrer la hausse de l’inflation importée. Cette remontée de taux se fera de manière graduelle. La prise de profits sur la livre laisse penser que cette annonce était largement escomptée par les marchés.

La notation du Venezuela a été abaissée par les agences Standard & Poors et Fitch après l’annonce d’un projet de restructuration de la dette de ce pays. Les obligations vénézuéliennes ont baissé nettement. La nouvelle a également pénalisé les actifs financiers et les monnaies des autres pays sud-américains malgré leurs bons fondamentaux économiques.

 

M. Jerome Powell succédera donc à Mme Janet Yellen à la tête de la Réserve fédérale américaine dès l’année prochaine. Il de-viendra ainsi le 16ème président du direc-toire de la plus puissante banque centrale du monde. Le choix logique s’est donc imposé, ce qui n’est pas toujours forcément le cas lorsqu’il s’agit d’une décision de Donald Trump. On savait en effet que les chances d’un nouveau mandat de Mme Yellen étaient faibles, ceci en dépit des très bons résultats affichés par l’économie américaine durant sa présidence. Elle a effectivement été la cible de nombreuses attaques durant la campagne présiden-tielle de M. Trump. Par ailleurs, elle s’est souvent montrée critique face au projet de déréglementation financière cher au camp républicain. Certes, Jerome Powell est issu du camp républicain et semble conciliant sur le dossier de l’assouplissement de la réglementation bancaire, mais il incarne la continuité en termes de politique moné-taire. Au sein de la Fed, on peut en effet le ranger dans le camp des colombes qui prônent un tour de vis monétaire très gra-duel. Membre du comité FOMC depuis 2012, il a d’ailleurs toujours été aligné sur les décisions de Mme Yellen. L’absence de réaction des marchés financiers à cette nouvelle confirme que les investisseurs ne s’attendent pas à un changement de cap politique majeur. Une hausse de taux est attendue lors de la réunion de décembre qui se tiendra encore sous la responsabilité de Mme Yellen. Et de nouvelles hausses de taux sont attendues dans le courant de 2018, car Jerome Powell récupère une économie américaine en excellente santé comme le prouvent les chiffres de l’emploi du mois d’octobre. Les créations de postes de travail se sont en effet poursuivies sur le mois écoulé avec un chiffre très élevé de 261’000 emplois créés et un taux de chô-mage qui tombe à 4.1%, soit son plus bas niveau depuis décembre 2000. Reste à savoir si le nouveau président sera celui qui devra gérer un retour de l’inflation sans cesse reporté. La hausse contenue des salaires horaires en octobre (+2.4% annua-lisé) laisse penser que cela ne figure pas parmi ses soucis immédiats.

 

Chine: «I will make China great again (2/2)»

Dans ce 2ème volet consacré au 19ème Congrès du Parti Communiste Chinois, nous nous arrêtons à quelques implications probables de la victoire de M. Xi Jinping sur le plan économique. Dans l’immédiat, les grandes tendances récentes devraient rester de mise. En effet, le gouvernement essaiera par tous les moyens de poursuivre la transformation vers une économie plus portée par la demande domestique avec des plans de relance ponctuels le cas échéant. Il est toutefois intéressant de noter qu’il n’a pas été fait mention d’un objectif d’activité quantitatif, mais l’accent a été mis sur la qualité de la croissance (plus d’attention à l’environnement, adres-ser les inégalités de revenus et les lacunes dans la santé et l’éducation) en vue d’atteindre un objectif proche de 6%.
En ce qui concerne les réformes, M. Xi a indiqué que sa vision est centrée sur une forte présence des sociétés étatiques sous le contrôle du Parti. Les restructurations dont font l’objet ces grands groupes issus du passé devraient se poursuivre, l’objectif n’est pas d’en faire des sociétés tels que dans le modèle capitaliste, mais de les rendre compétitives sur l’échiquier interna-tional. Le secteur privé n’est donc claire-ment pas mis en avant et il est probable que le gouvernement essaiera de maintenir voire augmenter son contrôle sur ces entre-prises. Peut-être que les remarques con-damnant la spéculation immobilière en soulignant l’importance d’avoir un secteur immobilier ‘au service des citoyens’ peu-vent être vues comme un avertissement à ceux qui veulent dévier trop de la ligne communiste.

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