Point sur les marchés – 13 novembre 2017

Point sur les marchés 13 novembre 2017

Effets de bord

Nous nous sommes habitués à une très grande stabilité sur les marchés obligataires au cours des derniers mois. Cela pourrait commencer à changer. L’an 2018 s’annonce comme celui d’une inversion de cap sans cesse repoussée depuis de nombreuses années. Il serait en effet étonnant que le marché obligataire reste insensible à une normalisation des politiques monétaires qui se mettra progressivement en place dans le courant de l’année prochaine. La Réserve fédérale américaine a déjà pris de l’avance sur ce front avec plusieurs remontées de taux à son compteur et un début de réduction de la taille de son bilan. De son côté, la Banque Centrale Européenne suit à bonne distance. Elle a réduit de moitié (à 30 milliards par mois) son programme d’achats d’obligations et semble partie pour le stopper définitivement vers la fin de l’année.

2018 avant peut-être de commencer à re-monter ses taux en 2019. Ces développements sont suivis de très près par des pays plus ou moins alignés en raison d’une proximité géographique ou fortement connectés en terme d’échanges commerciaux avec les Etats-Unis ou la zone euro. C’est le cas de la Banque d’Angleterre qui a déjà procédé à une hausse de taux après de longues hésitations. C’est vrai également pour la Banque Nationale Suisse qui compte beaucoup sur la BCE afin de s’extraire enfin de cette politique de taux négatifs. Seule la Banque du Japon semble éloignée de ces considérations et continue de soutenir la politique de relance agressive communément dénommée Abenomics qui a encore récemment été plébiscitée dans les urnes. Cette sortie progressive des politiques d’urgence instaurées à l’échelle planétaire au lendemain de la crise de 2008 devrait se traduire par
 un début de remontée des taux longs. En l’absence d’un dérapage marqué de l’inflation, ce rebond des taux s’annonce progressif. Mais nous nous attendons à une évolution plus volatile du marché obligataire en raison de la disparition progressive des injections directes de liquidité par les banques centrales. L’évolution plus erratique des marchés obligataires la semaine dernière est peut-être une indication de ce qui attend les investisseurs. En l’absence de grandes nouvelles économiques, les rendements gouvernementaux sont remontés d’une dizaine de points de base. Les marchés de crédit étaient encore plus pénalisés, notamment sur le segment des obligations à haut rendement américaines qui ont fait l’objet d’importants dégagements malgré les très bons fondamentaux économiques actuels aux Etats-Unis.

 

Le retard des monnaies liées au pétrole

En Norvège, la hausse récente du cours du pétrole ne semble pas avoir eu de prise sur l’évolution de la couronne. Il en va de même pour les autres devises liées au pétrole qui, selon toute logique, devraient progresser avec le prix de l’or noir. Une remontée du pétrole serait accompagnée par une reprise de l’inflation qui reste toujours très attendue dans ce pays comme dans la majorité des économies du monde occidental. En effet une hausse du cours du brut améliore non seulement les comptes extérieurs mais renforce aussi l’économie domestique et les
 comptes de l’Etat, ce qui devrait raffermir les prix à la consommation. Il faut en outre rappeler que les rendements des obligations norvégiennes sont parmi les plus élevés en Europe.

Selon les dernières déclarations, le gouverneur de la banque centrale norvégienne ne semble pas vouloir poursuivre la politique récente de baisse des taux pour relancer l’inflation. Ce changement de perspective devrait être favorable à une reprise de la monnaie dont les fondamentaux s’améliorent.

À contrario, le fort endettement des mé-
nages et la vulnérabilité du marché immobilier local devraient empêcher une progression trop importante et trop rapide des taux et pourrait freiner une reprise de la devise.

C’est donc des facteurs antagonistes qui s’affrontent. Alors qu’elle a déçu depuis plusieurs années, nous nous attendons néanmoins à une reprise durable de cette devise dans les mois à venir.

 

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