Point sur les marchés - 15 juin 2026
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Daniel Steck Responsable Recherche Actions
Le scénario d'une erreur monétaire s'éloigne ?
Comme attendu, la Banque centrale européenne a relevé son taux directeur de 25 points de base à 2,25 %. Elle a parallèlement revu à la hausse ses prévisions d'inflation pour 2026 et 2027 et abaissé légèrement ses perspectives de croissance. Dans un premier temps, les marchés ont interprété cette décision comme le début d'un nouveau cycle de resserrement monétaire, anticipant plus de deux hausses de taux supplémentaires d'ici la fin de l'année.
Toutefois, l'accord préliminaire conclu entre l'Iran et les États-Unis modifie sensiblement la donne. La détente géopolitique devrait favoriser un repli progressif des prix du pétrole, réduisant ainsi les risques de pressions inflationnistes durables. Dans ce contexte, la hausse de taux décidée par la BCE apparaît davantage comme un ajustement face au choc énergétique qu'un véritable changement de cap monétaire. Les anticipations de nouvelles hausses de taux ont d'ailleurs déjà été revues à la baisse. Le risque d'une erreur de politique monétaire s'est ainsi atténué, ce qui constitue un soutien favorable aux actions européennes.
Deal ! Pour son anniversaire, Donald Trump offre un soulagement aux marchés
La pression était énorme sur les épaules de Donald Trump ce week-end, alors que le Président américain avait promis un « deal » avec l’Iran pour la date de son 80ème anniversaire. Il y sera finalement parvenu durant les dernières heures de la journée de dimanche.
L’accord conclut ce dimanche est un accord préliminaire. Il devrait être formellement signé par les différentes parties le 19 juin, en Suisse et n’est qu’un premier pas vers de nouvelles négociations sur le nucléaire iranien et sur la potentielle levée des sanctions financières à l’égard de l’Iran.
La réouverture du Détroit d’Hormuz est effective immédiatement et vient comme un soulagement pour les marchés financiers, qui craignaient une pénurie sévère de pétrole d’ici quelques semaines, alors que les différents pays puisent dans leurs réserves stratégiques de brut. Sans surprise, les principales bourses ont ouvert à la hausse ce matin et le pétrole poursuivait sa tendance baissière pour atteindre le niveau de USD 80, qu’il n’avait plus connu depuis le début du conflit.
Si de nombreuses questions restent en suspens, nous estimons qu’une augmentation du risque action dans les portefeuilles est aujourd’hui justifiée, alors que les incertitudes géopolitiques décroissent sensiblement. Les régions les plus affectées par la pénurie de pétrole sont à privilégier, à savoir l’Europe et l’Asie. Nous retournons ainsi à une exposition actions similaire à celle que nous recommandions avant le début du conflit.
Rappelons que les fondamentaux de l’économie mondiale sont restés extrêmement solides, et ce malgré les perturbations géopolitiques de ces derniers mois. Les investisseurs vont à présent pouvoir se concentrer à nouveau sur les bonnes perspectives de croissance pour cette année.
Il ne faut pas se leurrer. Ce nouvel équilibre est sans doute fragile et un retour à la normale prendra du temps. La normalisation des cours du brut se fera progressivement, alors que les stocks stratégiques doivent être reconstitués. Les perturbations au niveau du fret mettront probablement plusieurs semaines, ou mois, à se résorber.
Mais pour les marchés financiers, la perspective d’un enlisement du conflit s’éloigne. Et l’apaisement des craintes inflationnistes vient grandement soulager la pression qui pesait sur les banques centrales dont un grand nombre se réunissent cette semaine.
De nouveaux records sont donc probables sur les différents indices actions et nous jugeons qu’il est opportun de retourner dans les portefeuilles à un niveau de risque similaire à celui qui prévalait avant le début du conflit. Pourquoi pas même supérieur dans un deuxième temps, si la situation au Moyen-Orient se stabilise durablement et si les perspectives économiques continuent de s’améliorer, comme cela a été le cas ces derniers mois.
Chiffre de la semaine : 2,9 %
Aux Etats-Unis, l’inflation sous-jacente du mois de mai est ressortie relativement stable par rapport au mois précédent, à 2,9 %. C’est le signe qu’au-delà des perturbations des prix de l’énergie, les répercussions du conflit au Moyen Orient ne se font pour le moment pas sentir sur le reste des biens de consommation.
Auteur
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Daniel Steck bénéficie de près de vingt‑cinq ans d’expérience dans le domaine de la finance. Après une première expérience en analyse financière chez Lombard Odier, notamment sur le secteur de la santé, il poursuit sa carrière chez Reyl & Cie en tant qu’analyste puis gérant de portefeuille. Il rejoint Piguet Galland en 2018 comme gestionnaire senior, où il est responsable de la gestion des fonds actions et des certificats thématiques investis en Suisse et en Amérique du Nord.