Point sur les marchés 19 janvier 2026
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Daniel Steck Analyste-gérant de fonds
Le retour du spectre des taxes douanières
Trump a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane aux huit pays européens opposés à l’annexion du Groenland, laissant la suite des événements incertaine. L’Europe pourrait accepter de céder ce territoire, un scénario favorable aux marchés mais révélateur de la faiblesse stratégique du Vieux Continent. À l’inverse, un accord entre les 27 États membres face à Trump entraînerait très probablement une aggravation marquée des tensions commerciales. Ce n’est toutefois pas encore fait, compte tenu des divisions persistantes au sein de l’Union européenne. La hausse des droits de douane et le regain des tensions commerciales constituent des risques baissiers pour la croissance de la zone euro. Afin d’en limiter l’impact, la BCE dispose d’une marge de manœuvre pour accélérer le rythme des baisses de taux, tandis qu’un soutien budgétaire renforcé pourrait également être déployé. Sur les marchés, ces tensions entretiennent l’incertitude sans remettre en cause notre scénario positif à moyen terme. Après la récente remontée de l’optimisme et les solides performances boursières, une phase de correction apparaissait probable, laissant présager une volatilité accrue, particulièrement sur les marchés européens.
Les entreprises helvétiques soufflent !
L’économie suisse entame 2026 dans un contexte de stabilité macroéconomique remarquable. Les projections des spécialistes sont bien plus réjouissantes maintenant que les États-Unis ont revu à la baisse les droits de douane imposés aux importations helvétiques. Si la croissance aurait logiquement dû plonger sous l’effet de ces taxes punitives, nous estimons à présent que la progression du PIB pourrait accélérer au cours des deux prochaines années et, du même coup, se comparer favorablement à celle de nos voisins européens. En outre, les récentes menaces de Donald Trump d’imposer de nouvelles taxes douanières sur les biens de certains pays européens qui s’opposent à ses plans d’acquérir le Groenland, pourraient bien favoriser la Suisse et ses entreprises exportatrices, en comparaison de leurs concurrents européens.
Notre analyse des valorisations et des fondamentaux des sociétés suisses nous incite à adopter une vision résolument constructive à l’égard des actions helvétiques. Malgré un environnement mondial incertain, les entreprises suisses jouissent d’une forte capacité d’adaptation, d’une rentabilité élevée et d’une exposition internationale qui leur permet de tirer parti à la fois de la croissance globale et de la stabilité domestique. Alors que les actions mondiales voient leurs multiples d’évaluation s’envoler, les valeurs domestiques Suisse ont subi une érosion de leur valorisation ces dernières années, ce qui les rend particulièrement attractives dans un contexte de taux nuls. L’investisseur suisse n’a toujours aucune alternative aux actions pour espérer un rendement positif.
Sur le plan monétaire, la Banque nationale suisse (BNS) poursuit une politique prudente. Son cycle d’assouplissement est déjà bien avancé et, sauf accident économique majeur, la probabilité d’un retour à une politique de taux négatifs semble limitée. Si la pression haussière sur le franc suisse persiste, notamment contre le dollar, nous ne nous attendons pas à un mouvement aussi drastique que celui observé en 2025. La compétitivité des sociétés helvétiques devrait dès lors être préservée cette année.
Dans ce contexte, nous avons décidé d’augmenter la pondération des actions suisses dans notre allocation d’actifs. Cette décision s’appuie sur la conjugaison de trois facteurs, à savoir un environnement macroéconomique sain, une politique monétaire prévisible et un potentiel de valorisation attrayant par rapport à d’autres régions. Les perspectives bénéficiaires demeurent solides, portées par la capacité des entreprises à générer du cash-flow et à maintenir des marges élevées, y compris dans un contexte de croissance modérée.
Chiffre de la semaine : 4'670 $
L’or atteint un nouveau point haut historique. Il bénéfice du comportement imprévisible de D. Trump sur les questions géopolitiques et confirme ainsi son statut de valeur refuge. Son break-out technique est confirmé et l’or débute une nouvelle phase haussière.
Auteur
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Daniel Steck cumule près de 25 années d’expérience dans le domaine de la finance. Après une première expérience dans l’analyse financière chez Lombard Odier, notamment sur le secteur de la santé, il a continué sa carrière chez Reyl & Cie, comme analyste et gérant de portefeuille. Il a rejoint Piguet Galland en 2018 comme gestionnaire senior et est en charge de la gestion des différents fonds actions et certificats thématiques sur la Suisse et l’Amérique du Nord.